LA CRYPTE D'OSCAR

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 Jozef Fritzl, le père des ténèbres

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Dark-Angel
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MessageSujet: Jozef Fritzl, le père des ténèbres   Jeu 9 Nov - 1:10


Josef Fritzl a séquestré sa propre fille pendant vingt-quatre ans dans son abri anti-atomique situé sous sa maison d'Amstetten en Autriche. Elisabeth est violée par son père dès ses 11 ans. Après trois tentatives de fugue, Josef Fritzl enferme sa fille à la cave et fait croire à la disparition de la jeune fille, qui vivrait dans une secte. C'est dans cette pièce de 60m2 sans fenêtre que la jeune fille passera vingt-quatre ans. Pendant ces années, elle donne naissance à sept enfants dont un décède. Trois d'entre eux resteront avec leur mère à la cave alors que trois autres sont adoptés par les parents d'Elisabeth et vivent avec eux dans la maison. Josef Fritzl fait croire qu'Elisabeth a abandonné les enfants devant la porte pour rejoindre une secte. Il faudra attendre 2008 et l'hospitalisation de l'aînée d'Elisabeth pour que l'affaire éclate au grand jour. En 2009, Josef Fritzl est condamné à la prison à vie.

Des tests ADN prouvent que Jozef Fritzl est bien le père des six enfants de sa fille Elizabeth, séquestrée pendant vingt-quatre ans dans la cave de sa maison à Amstetten. 


C'est l'histoire effroyable d'un homme de 73 ans, qui pendant près d'un quart de siècle a mené deux vies parallèles dans sa grande maison sinistre de la rue Ybbstrasse, à Amstetten, en Autriche. L'histoire d'un homme à «deux étages». À double fond. L'histoire d'un monstre, qui avait l'air d'un grand-père tranquille.

Au rez-de-chaussée, où il habitait avec sa femme Rosemarie, une grand-mère énergique de 78 ans dont il avait eu sept enfants, Jozef Fritzl forte stature, sourcils arqués de Mephisto, yeux clairs sévères vivait en apparence une vie de retraité aussi affable que discret. Mais en sous-sol, dans cette cave qu'il avait creusée sous son jardinet couvert de fleurs sauvages, derrière des murs ne laissant rien filtrer, l'ancien électricien à la retraite passionné de pêche et compagnon de tablée apprécié par ses anciens collègues s'était organisé un tout autre monde, où il avait emmuré vivante sa fille aînée Elizabeth à l'âge de 18 ans, après l'avoir droguée, pour pouvoir la violer à son gré. La contrôler. La cadenasser. La dominer entièrement. Afin de camoufler ses crimes qui allaient courir sur plus de deux décennies, le pervers diabolique avait forcé la jeune fille à écrire une lettre à sa famille, dans laquelle elle parlait de son choix de s'en aller vivre dans une secte et priait ses parents de ne pas chercher à la retrouver.

De cette vie d'inceste, de ténèbres et d'indicibles souffrances, qu'à en croire la police personne, à l'étage supérieur, ne soupçonna jamais, même si on a peine à l'imaginer, allaient naître sept autres enfants, dont trois, Kerstin (19 ans), Stefan (18 ans) et Felix (5 ans), resteraient séquestrés avec leur mère jusqu'à la découverte du drame, il y a quelques jours. Allant jusqu'au bout de son scénario schizophrénique, Jozef Fritzl avait adopté les trois autres Lisa (15 ans), Monika (14 ans) et Alexander (11 ans) qu'il aurait jugés «moins pleurnichards» faisant croire à sa femme Rosemarie qu'ils avaient été déposés devant sa porte, par sa fille disparue, avec des lettres signées de celle-ci. Quant au septième enfant, un bébé mort trois jours après sa naissance dans le sinistre sous-sol, le père incestueux n'hésiterait pas à le jeter dans l'incinérateur de l'immeuble, pour le faire disparaître…

Personnage visiblement très autoritaire, qui en imposait à son entourage familial par sa poigne, Jozef Fritzl avait interdit l'accès de son «atelier» à toute sa famille du «dessus», invoquant son désir d'avoir son univers à lui. Bricoleur, l'ancien ouvrier d'une cimenterie de la ville avait installé une porte blindée d'un mètre de haut munie d'un code électronique connu de lui seul et camouflée par une étagère. Cette ouverture menait à la fameuse cachette où vivaient ses enfants prisonniers dans un petit réduit de 60 mètres carrés, composé d'une minuscule chambre, d'une cuisine, d'une salle de douche et d'un étroit boyau reliant les pièces. L'interdit était visiblement si fort qu'aucun des autres membres de la «première famille» y compris Rosemarie n'osa jamais s'aventurer jusqu'à la fameuse porte de ce Barbe bleue autrichien pour savoir ce qui s'y tramait. Posèrent-ils des questions sur les nombreux colis d'épicerie que le père descendait à la cave ? Eurent-ils des doutes ? De véritables soupçons ? Et que se passait-il dans la tête de Jozef Fritzl, tandis que sa fille accouchait, seule, dans une cave, d'enfants nés de ses viols répétés ?

Cette histoire pose des «millions de questions», notait lundi, accablé, le gouverneur de Basse-Autriche, exprimant l'horreur et la perplexité d'un pays déjà très ébranlé par l'affaire de la séquestration de la jeune Natascha Kampusch, mise au grand jour il y a un peu plus d'un an. «Nous sommes confrontés à un crime innommable», a renchéri le ministre autrichien de l'Intérieur Günther Platter. «Ce cas est d'une brutalité et d'une horreur incompréhensibles, le plus effroyable et le plus sérieux jamais mis en lumière en Autriche.»


Il n'est pas certain que soit révélée un jour toute la vérité sur les ressorts profonds de cette épouvantable histoire familiale, dont les zones d'ombre restent immenses. On sait seulement que pour la malheureuse Elizabeth, dont les photos d'enfant révèlent un minois rieur et des yeux lumineux, le drame se noua sans doute vers l'âge de 11 ans, quand pour la première fois elle fut violée par son père. Elle allait dès lors tenter plusieurs fugues, dont l'une à 16 ans, afin d'échapper à son prédateur. C'est sans doute pour empêcher qu'un tel scénario finisse par réussir que Jozef Fritzl allait décider de la séquestrer le 28 août 1984, entrant dès lors dans un cercle infernal de mensonges, de violences et de dissimulation schizophrénique qui vient à peine de prendre fin.


La tragédie aurait pu durer des années encore, si Kerstin, 19 ans, la fille d'Elizabeth, n'était tombée, victime d'une grave et mystérieuse maladie, qui a fini par pousser le père et geôlier Jozef Fritzl à la faire hospitaliser. Par pitié ? Par horreur soudaine de lui-même ?

Il y a quelques jours en tout cas, Jozef Fritzl, brusquement paniqué, dépose Kerstin de nuit à la clinique d'Amstetten. Les pressantes sollicitations des médecins pour entrer en contact avec la mère de cette jeune fille inconnue de l'état civil vont conduire le monstre à sa perte. Dans un moment d'égarement (?), il libère Elizabeth, Stefan et Felix, déclarant à sa femme Rosemarie abasourdie que leur fille vient de réapparaître après une improbable fugue de vingt-quatre ans. Or, c'est Elizabeth qui a supplié son père de libérer Kerstin mourante, et Elizabeth encore qui va le convaincre de la conduire à l'hôpital au chevet de sa fille, après avoir vu à la télévision l'avis de recherche la concernant. Pour le docteur Albert Reiter qui voit arriver cette femme de 42 ans aux cheveux prématurément blanchis et au comportement erratique, les soupçons vont vite se transformer en certitude : quelque chose ne colle pas dans le récit du grand-père Fritzl. La police, vite alertée et dépêchée sur les lieux, obtient rapidement d'Elizabeth un témoignage accablant pour son père incestueux, qu'elle accuse de «crimes massifs», après avoir eu la promesse des policiers de ne plus jamais le revoir.

Après vingt-quatre heures de mutisme absolu, l'épaisse carapace de Jozef Fritzl finit par se fissurer lundi. «Je suis désolé pour ma famille», lâche-t-il, avant de tout confesser en bloc : la construction du réduit souterrain, les constantes modifications qu'il y apporta au fil des années pour y loger clandestinement sa deuxième famille incestueuse, la séquestration et les violences sexuelles répétées à l'encontre de sa fille Elizabeth. Jusqu'à l'incinération du nourrisson mort, jumeau d'Alexander, qui a, lui, survécu. La monstruosité de ces crimes pourrait lui valoir la prison à vie, au titre du Code pénal autrichien. Selon la police, toutes ces révélations coup sur coup auraient brisé Rosemarie, la mère si longtemps aveuglée.

La clé essentielle de l'enquête, touffue, complexe, réside désormais dans la personnalité de Josef Fritzl, qui ne s'était pas privé d'éconduire brutalement journalistes et officiers de police, il y a quelques jours, alors que tout le monde s'interrogeait sur l'affection mystérieuse dont souffrait la jeune Kerstin. Mardi, lors de sa première comparution devant le tribunal, l'accusé se montrait «totalement calme, totalement sans émotions», notait le procureur Gerhard Sedlacek. Le psychiatre autrichien Reinhard Haller estimait que le suspect «doit avoir eu l'impression qu'il était supérieur aux autres», tandis qu'un autre expert psychiatre, Sigrun Rossmanith, le présentait «manifestement» comme «un dominant». Mais comment a-t-il pu si longtemps donner le change aux services sociaux, à ses voisins mais surtout à Rosemarie, lui qui devait descendre chaque jour des repas pour quatre âmes en peine, enfermées plusieurs mètres sous terre ?

Dans la petite ville d'Amstetten, jolie bourgade cossue de 20 000 habitants, située à 130 kilomètres de Vienne, les voisins confient tomber des nues aux journalistes qui les interrogent. Ils évoquent la grand-mère très active socialement, les enfants adoptés bien élevés, dont deux sont devenus pompiers volontaires. La boulangère ne peut imaginer que cette famille qui venait acheter des brioches presque tous les jours dans son magasin ait pu cacher si longtemps un aussi terrible secret.

La question provoque d'ailleurs un véritable tremblement de terre psychologique à travers toute l'Autriche, qui s'interroge sur les failles d'une société suffisamment indifférente ou aveugle à autrui pour avoir ignoré le drame qui se jouait en son sein. «Toute la nation doit se demander ce qui va fondamentalement de travers dans la société autrichienne», notait lundi le quotidien Der Standard dans son éditorial. En recoupant les faits, nombre de journalistes soulignent aujourd'hui que les services sociaux d'Amstetten furent bien peu regardants sur la disparition d'Elizabeth et l'origine des trois enfants adoptés par Jozef et Rosemarie Fritzl. D'autres évoquent le casier judiciaire du retraité d'Amstetten, d'autres, encore, de supposés voyages en Thaïlande avec des collègues masculins. Une amie d'école d'Elizabeth a raconté au Standard qu'elle trouvait incroyable que personne n'ait rien soupçonné en ville sur les Fritzl. «Tout le monde savait qu'ils étaient étranges, a-t-elle dit. Son frère m'a dit un jour à propos de son père : “il nous tuera tous”.»

Elizabeth et ses enfants ne sont pas morts. Mais ce sont des survivants. Ils ont été hospitalisés dans une clinique psychiatrique d'Amstetten. Dans un beau geste d'espoir, la jeune Natascha Kampusch, elle aussi rescapée de l'enfer de la séquestration, a proposé de les aider à réapprendre, tant bien que mal, à vivre. "

Laure Mandeville avec Maurin Picard 

Source : LE FIGARO 29 avril 2008


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MessageSujet: Re: Jozef Fritzl, le père des ténèbres   Jeu 9 Nov - 1:13

Amstetten meurtrie par les révélations 


SEQUESTRATION. La petite ville autrichienne cherche à comprendre les motifs du diabolique Josef Fritzl. Reportage. 

Un jour gris se lève sur les faubourgs d'Amstetten, noyés sous un petit crachin désagréable. Devant le 29, Ybbstrasse déjà submergé par des équipes de télévision du monde entier, un couple de personnes âgées observe amusé la ronde des journalistes survoltés et des paraboles satellite. Johannes, casquette de marin vissée sur la tête, et sa femme Gerlinde déambulent sur le pavé pour leur promenade matinale. Comme les autres habitants d'Amstetten, ils n'en reviennent toujours pas d'avoir côtoyé si longtemps la famille Fritzl, sans deviner la tragédie qui se tramait en sous-sol. Tous deux se refusent à croire que Rosemarie, la grand-mère, ait pu tout ignorer si longtemps des agissements de son mari. «Impossible, clame Gerlinde, catégorique. Un mari ne peut cacher de tels secrets à sa propre femme. Pensez: les travaux dans le jardin, les courses, les repas quotidiens, les vêtements, les lessives.» 

Mais ce qui préoccupe surtout Gerlinde, c'est ce que vont devenir les enfants d'Elizabeth. Kerstin, 19 ans, se trouve à l'hôpital Mostviertel d'Amstetten, entre la vie et la mort. Elle a été «placée sous dialyse et maintenue dans un coma artificiel», confirme le docteur Albert Reiter, probablement à cause d'un manque d'oxygène. Stefan, 18 ans, et Felix, 5 ans, ont été admis avec leur mère dans une cellule psychologique à l'hôpital de Mauer-Öhling, à 7 km de là. Les trois autres enfants, Lisa (15 ans), Monika (14 ans) et Alexander (12 ans), également nés sous terre, ont eu une autre vie, à l'air libre. Ainsi en a décidé leur grand-père, qui est parvenu à les adopter en forçant Elizabeth à écrire une lettre d'abandon à l'attention des services sociaux de la ville. Pourquoi eux trois, et pas Kerstin, Stefan, Felix? Un policier se hasarde, rompant le silence officiel sur ces questions encore taboues: «Il faisait le tri entre les pleurnicheurs et les autres.» 

Dimanche matin, médecins et psychologues ont décidé avec l'accord des autorités de réunir les deux parties de la famille: «ceux du bas» qui n'avaient jamais vu leurs frères et sœurs, et «ceux du haut», qui n'avaient jamais vu leur propre mère. La voix étranglée par l'émotion, le docteur Kepplinger a qualifié les retrouvailles d'«étonnantes.» Ces premières heures réservent d'ailleurs de belles surprises au personnel médical: Kerstin, Stefan et Felix n'ont jamais vu la lumière du jour, mais «ils peuvent lire et écrire», confirme le docteur Kepplinger. Malgré l'isolement, les tortures endurées dans son cachot, Elizabeth a trouvé la force d'offrir un semblant d'éducation à sa progéniture, sans même savoir s'ils parviendraient à sortir un jour de leur geôle souterraine. 

La pluie redouble sur Amstetten, et avec elle affluent toujours plus d'équipes de télévision du monde entier. Johannes et Gerlinde ont déserté la Ybbstrasse depuis longtemps. Au centre-ville une gigantesque conférence de presse regroupant policiers, médecins et représentants du parquet est convoquée dans les locaux du coquet petit Hôtel Gürtler, non loin de l'hôtel de ville. Les centaines de journalistes rassemblés pour l'occasion apprennent les progrès de l'enquête: les prélèvements ADN effectués sur les six enfants confirment la paternité de Josef Fritzl, et les accusations d'inceste proférées par sa fille Elizabeth. 

Le suspect a été déféré lundi soir au parquet de Sankt-Pölten, la capitale du Land de Basse-Autriche, à 60 km d'Amstetten. Il a été placé en détention provisoire de quinze jours et présenté hier matin à un juge, qui devrait logiquement prononcer le prolongement de la détention, une fois le dossier de l'accusation constitué. Pour les crimes d'homicide par négligence à l'encontre du nouveau-né décédé en 1996 et incinéré, ainsi que les abus sexuels, Josef Fritzl risque la perpétuité. 

Dans le réduit souterrain, les experts de la police scientifique continuent de fouiller, méticuleusement, à la recherche de tout indice leur échappant encore. Car de nombreuses questions demeurent. La première est évidente, incontournable: Josef Fritzl a-t-il bénéficié de complicités? Comment les services sociaux ont-ils pu passer à côté de ce drame? Elizabeth et ses enfants ont-ils un jour tenté de s'évader? Le diabolique M. Fritzl avait tout prévu. Lors de ses visites nocturnes, sitôt entré dans le réduit, il refermait la lourde porte à digicode derrière lui, leur coupant la retraite. «S'il m'arrive quelque chose, vous ne sortirez jamais d'ici», répétait-il, sombre. 

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