LA CRYPTE D'OSCAR

Le Monde Du Paranormal et des Mystères
 
AccueilPortailÉvènementsS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Bertrand Cantat, Marie Trintignant : retour sur une tragédie moderne

Aller en bas 
AuteurMessage
Dark-Angel
Maitre des Esprits
Maitre des Esprits
avatar

Messages : 1214
Date d'inscription : 10/10/2017
Localisation : Cucugnan les flots

MessageSujet: Bertrand Cantat, Marie Trintignant : retour sur une tragédie moderne   Mer 8 Nov - 21:16


Il y a quatorze ans, une stupeur bousculait la torpeur caniculaire de l'été. De Vilnius venait une nouvelle sidérante, et l'on se pinçait pour y croire : Marie Trintignant tuée sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat. La fraîcheur insolente de la fille d’une famille mythique du cinéma français à jamais effacée par la violence du chanteur d'une génération, Bertrand Cantat entrant dans le noir tunnel qu'était devenue, en une nuit, sa vie.

En mars 2004, au terme d'un procès déroutant, il est condamné par la justice lituanienne à huit ans de prison. Après des mois à l'isolement dans la prison sordide de Vilnius, il est transféré à la prison de Toulouse. En octobre 2007, conformément à la loi et à son comportement irréprochable en détention, il bénéficie d'une libération conditionnelle. Depuis le 29 juillet 2010, il a officiellement terminé de purger sa peine.




Sa liberté retrouvée a pourtant le goût amer de l'illusion. Dès qu'il met un pied sur scène, apparaissant ici ou là auprès d'amis musiciens ou dans un spectacle de théâtre, le débat s'enflamme à nouveau, aussi virulent qu'en 2003. Il n'apparait pas dans les médias, refusant toute interview, mais sa figure électrise les forums internet. La tranquillité sera pour plus tard. Condamné à une double peine aussi informelle qu'infinie, Cantat ne pourrait plus, à entendre ses plus féroces contempteurs, exercer son métier, le seul qu'il ait pratiqué depuis son adolescence : chanteur.


Une suite de déchirure





Surtout, depuis sa libération, Bertrand Cantat a dû affronter d'autres déchirures qui s'enchaînent comme les perles noires d'un collier piquant. Après Marie Trintignant, dont il ne se pardonne pas la disparition, sa mère est décédée brutalement. En janvier 2010, c'est Kristina Rady, la magnétique Hongroise qu'il avait quittée pour vivre sa passion avec Marie Trintignant et qui l'avait pourtant soutenu durant toute l'épreuve de la prison, qui se suicide, faisant à nouveau naître les questions dans son sillage : et s'il l'avait poussée à bout, par son intransigeance folle ? Etait-elle devenue victime à son tour de violences conjugales, elle qui avait juré qu’il n’avait jamais porté la main sur elle ?
Après la mort de Marie Trintignant, les policiers avaient d’ailleurs interrogé ses ex petites amies et écumé les hôpitaux et les commissariats parisiens et bordelais à la recherche d’un antécédent de violence. En vain. Est-ce la prison qui l'aurait changé ? C'est ce qu'affirment les parents de Kristina Rady.
Si le chanteur ne quitte pas le silence auquel il s'est astreint, ses proches ne cachent pas leur dégoût face à ce qu'ils voient comme un acharnement contre un homme déjà affaibli. Fin 2010, le groupe Noir Désir finit par céder sous la pression, la dissolution est annoncée après plus de 25 ans d'existence.
Le 17 mars 2013, son plus fidèle soutien, l'avocat Olivier Metzner, se suicide à son tour. Que reste-t-il à Bertrand Cantat qui fêtera ses cinquante quatre ans l'année prochaine ? Ses enfants, sa famille, quelques amis et une envie de ne pas laisser muette sa musique.

Un mythe contemporain





Car finalement, dix ans après le drame de Vilnius, la passion n'est pas retombée. Ils sont rares les faits divers qui prennent une telle dimension collective et symbolique. Rares, les histoires qui suscitent tant d'émotions, de réactions. Jusqu'à devenir un mythe contemporain. Parce qu'elle met en scène des personnages célèbres et emblématiques; parce qu'elle parle de choses ancestrales, simples et terribles, l'amour, la famille, la mort; parce qu'elle renvoie chacun à sa part taboue de violence et de pulsion, cette histoire a pris une ampleur extraordinaire. Mettant chacun face à ses propres démons, permettant une lecture apparemment simple des relations homme-femme, la mort choquante de Marie Trintignant est une de ces tragédies qui marquent une époque.


Mais la tragédie de Vilnius est, comme tous les drames conjugaux, d'abord l'histoire d'un homme et d'une femme. L'histoire de Marie et de Bertrand, dans toute leur banale et extraordinaire humanité. Retour sur une tragédie moderne.


Une rencontre


Il faut bien, pourtant, entrer dans les détails, pas pour inverser les responsabilités, non, mais pour reconstituer les derniers mois de Marie, le tragique enchaînement des faits. Ça commence par un coup de foudre. Marie travaille son rôle de chanteuse de rock : elle sera Janis Joplin pour le film que son mari Samuel Benchetrit s'apprête à tourner. Une de ses copines de cinéma, Anne, lui suggère de venir voir le groupe de son frère Bertrand en concert. Question rock'n roll, Noir Désir ne joue pas à moitié. Dans la loge, après le spectacle, il se passe ce qui arrive parfois, le mystère de la rencontre quand soudain il devient évident qu'on se reverra. Attirance réciproque, magnétisme. Marie reviendra voir deux autres concerts. Ce sont deux fortes personnalités qui se découvrent. Il est le chanteur charismatique qui, depuis vingt ans, enflamme la scène française; elle est la dernière des Trintignant, une actrice un peu décalée qui n'a jamais eu peur de jouer avec le feu sur l'écran ou en scène.
Le mariage de Marie avec Samuel Benchetrit est, après quatre ans de bonheur, dans une phase de creux. Il est pris par son projet de film, moins disponible. Elle le sent loin. Marie, de toute façon, n'a pas peur des ruptures amoureuses. "Elle était très exigeante, au travail comme en amour, dit sa meilleure amie Zoé. Ses hommes, elle ne les trompait pas, mais quand elle sentait les choses s'émousser, elle les laissait. Sans brutalité, avec beaucoup de respect et de tolérance." Marie, à l'été 2002, se sent en tout cas plus disponible pour une autre histoire que Bertrand qui a des scrupules: Kristina, sa femme depuis une dizaine d'années, attend leur second enfant. La relation toute neuve est d'abord platonique. "Il a voulu mettre ses distances, raconte Kristina. Mais Marie a insisté. Après la naissance de notre fille en septembre, je lui ai demandé de partir. C'était très douloureux, mais il valait mieux qu'il vive cet amour entièrement plutôt que de le regretter toute sa vie."
Bertrand achète au nom de Kristina un logement à Bordeaux et s'installe chez Marie, à Paris, dans la maison de Belleville où elle élève ses quatre enfants. Ils sont scotchés l'un à l'autre. Au printemps, ils partent en tournée : Marie joue avec son père Jean-Louis "Lettres à Lou" et "Comédie sur un quai de gare". Pour les amants, ce n'est pas tout à fait la vraie vie, ça n'a pas tout à fait le goût du quotidien. Elle est subjuguée par l'énergie qu'il dégage, il croit reconnaître une alter ego. Tous deux sont entiers, veulent vivre les choses à fond. Chercheurs d'absolu, ils partagent la passion de la poésie. Ils se sont trouvés, ils rayonnent.



"Marie était quelqu'un de très fascinant, poursuit Zoé. Elle mettait beaucoup d'énergie à vous rendre la vie jolie et gaie. Elle avait décidé très tôt qu'il fallait être heureux et s'y appliquait chaque jour. Quand elle vous aimait, elle avait une façon de s'intéresser à vous qui vous faisait vous sentir intelligent." Captivé, Bertrand voit peu ses proches, se contente de quelques coups de téléphone où il parle de cette expérience unique qu'il est en train de vivre. "Il était content de voir qu'on ne le jugeait pas. Il était éperdument amoureux, il fallait qu'il vive cet amour pleinement", dit un de ses meilleurs amis.
Ainsi les amoureux sont-ils dans une bulle. Quelques semaines à peine, puisque, fin mai, Marie doit reprendre le travail: le tournage de "Colette" commence. Ils partent ensemble, Marie ne veut pas le laisser, il n'entend pas la laisser. Bertrand a emporté dans ses bagages du travail, pour Noir Désir : le groupe, pour une fois, est décidé à ne pas laisser trop de temps passer avant de sortir un nouveau disque.


Tournage à Vilnius


Juin, juillet, deux mois de travail intense pour Marie qui est de tous les plans du téléfilm. Juin, juillet, deux mois d'attente pour Bertrand qui se retrouve soudain propulsé dans la vraie vie de Marie. Il ne l'a plus pour lui tout seul. Il doit la partager. "Jusqu'à Vilnius, analyse Zoé, il ne s'était sans doute pas rendu compte qui était vraiment Marie: une comédienne qui se donne à 100% au travail, et une fille aimée de tout le monde, très entourée."
Pour les amoureux, le tournage est une alternance pénible de séparations et de retrouvailles. Certains jours, Bertrand ne quitte pas le plateau. D'autres jours, il ne bouge pas de l'hôtel. Ils se quittent le matin, se jettent dans les bras l'un de l'autre, le soir. Bertrand s'ennuie, travaille peu, tourne en rond, guettant la moindre minute qu'il pourrait passer avec elle. Marie lui envoie des messages d'amour à la moindre pause. Pas une fois, elle ne partage le repas de l'équipe du tournage. Toujours, ils s'éclipsent, impatients d'être à nouveau seuls.




Mais Bertrand se plaint. "Il disait qu'il en avait marre d'être à Vilnius, rapporte Kristina, qu'il pleuvait tout le temps, que les petits lui manquaient. Il n'était pas bien." Une semaine avant le drame, il envisage de partir. Marie l'en dissuade. Difficile pour lui de résister à ses prières d'amour, il n'est pas dur à convaincre. Et puis, les vacances sont proches. Pendant ce temps, ses amis de Noir Désir sont en studio et s'étonnent, sans le lui dire, qu'il ne soit pas des leurs, la première fois en vingt ans d'existence du groupe.
Marie aussi est lasse en cette fin juillet. Elle se dit fatiguée, elle a mauvaise mine. "Je l'ai eue au téléphone deux jours avant le drame, elle se plaignait, ce n'était pas dans ses habitudes", témoigne Zoé, qui pense que son amie avait alors compris que leur histoire n'aurait pas de lendemain : "Pour moi, elle donnait le change, en attendant l'explication. Là, ce n'était ni l'endroit ni le moment de faire des histoires."

[size=31][/size]
Avaient-ils réalisé que leur histoire n'était qu'un feu de paille ? Ni l'un ni l'autre n'en avaient parlé à leurs proches. L'enquête n'a pour l'heure recueilli que des témoignages parlant d'un couple éperdument amoureux, à la limite de la "midinetterie". Dans une interview donnée à une télévision lituanienne, Cantat se montre même sous un jour inconnu. Lui qui a toujours refusé la presse people répond en amoureux béat : "Rien n'est plus important dans ma vie que la femme que j'aime." Marie répète souvent combien elle a hâte "d'être au soleil, à ne rien faire, avec mon amoureux». Et dans un texto, adressé fin juin, à la sœur de son compagnon, elle écrit : "Kill (sic) est dur ce film. Je te bénis chaque jour de m'avoir fait rencontrer Bertrand. Dieu qu'on s'aime."
Bertrand est très jaloux. Exclusif. Et, dans la vie de Marie, les raisons de le rendre jaloux ne manquent pas. Ses parents, et tous ses anciens hommes qu'elle n'a pas rangés dans le tiroir des souvenirs. Il y a surtout Samuel Benchetrit, qu'elle a quitté pour lui mais qui reste si proche, comme metteur en scène mais aussi comme papa de toute la tribu. Volonté de se dédouaner ou pas, Bertrand explique aujourd'hui que Marie aussi était jalouse de Kristina, qu'elle lui avait demandé de rompre tout contact avec elle. Il le fait. "Je n'ai pas compris quand il m'a annoncé cela, dit la jeune femme. Mais je pense maintenant que c'était une sorte de contrat : il attendait qu'elle fasse la même chose de son côté."
Alors, quand arrive le texto de Samuel Benchetrit se terminant par un mot tendre, Cantat se sent trahi, il pense que Marie se moque de lui. Lui demande des explications. Elle se tait, elle n'aime pas les conflits. Il insiste encore et encore. "C'est un garçon capable de parler des heures, de ruminer des nuits entières quand quelque chose ne va pas. Qui ne lâche jamais l'affaire", dit un de ses amis.
Alors Cantat ne lâche pas Marie. Toute la journée du 26 juillet, et la soirée, il revient à la charge. Ce qui se passe après, personne n'y a assisté, sauf eux. Outre les témoignages de ceux qui ont entendu des bruits de dispute pendant près d'une heure et le rapport d'autopsie, accablant pour le chanteur, les enquêteurs ne disposent que du récit de Bertrand. Une fois rentrés à leur hôtel, dit-il, il pose une dernière fois la question. La fois de trop. Selon lui, Marie est alors excédée, elle explose, se met à crier, lui suggère de retourner chez sa femme. Et le frappe. Un comportement qui, selon les proches de Marie, ne lui ressemble pas du tout. "Elle était incapable de hausser le ton avec ses gamins, certifie Zoé. Elle ne savait pas crier, détestait les disputes."
Cantat poursuit sa version: il est tombé, une douleur du dos se réveille. Il entre dans une rage folle et répond à Marie. Pas avec des mots, pas en quittant la pièce, mais avec des coups. "Il a voulu avoir le dernier mot", a expliqué sobrement François Cluzet au fils qu'il a eu avec Marie. Plusieurs fois (quatre seulement selon lui), il lève le bras pour la frapper. Plusieurs fois, il déverse sur son visage et son buste toute sa force d'homme sportif et baraqué. Une violence hallucinante, que, dans son entourage, personne ne dit lui avoir jamais vue. "Il pouvait être violent en paroles, emporté, excessif. Ça n'est jamais allé plus loin que la bousculade entre nous", répète inlassablement Kristina, soupçonnée par les proches de Marie de vouloir défendre le père de ses enfants en cachant des violences passées. Des engueulades, parfois terribles, oui, mais rien de plus que des assiettes qui volent. Nadine, elle, n'en démord pas : elle est convaincue que d'autres femmes ont été battues avant Marie. 
Mais, cette nuit-là, sa violence a indiscutablement déferlé. Dans le salon de l'appartement, Marie est à terre. Croit-il vraiment qu'elle dort ? Le croit-il ? Il la couche, un linge humide sur le front. Il est terrorisé, effrayé d'avoir cassé son histoire d'amour. Il téléphone longuement à Samuel Benchetrit, en larmes, et fait venir Vincent qui préviendra les secours, à la fin de la nuit. Bien tard. Bien trop tard pour sauver Marie.


plr plr

_________________
Zabou La Gragnotte
Revenir en haut Aller en bas
http://la-crypte-d-oscar.forumactif.com
Dark-Angel
Maitre des Esprits
Maitre des Esprits
avatar

Messages : 1214
Date d'inscription : 10/10/2017
Localisation : Cucugnan les flots

MessageSujet: Re: Bertrand Cantat, Marie Trintignant : retour sur une tragédie moderne   Mer 8 Nov - 22:42




L'affaire Bertrand Cantat : Marie Trintignant, l'amour battu



Entre le rocker et l'actrice, c'était la passion. En cette soirée de juillet, à Vilnius en Lituanie, les tourtereaux ont une violente querelle. Le chanteur de Noir Désir lève la main droite...


La nouvelle avait déchiré l'été. A Vilnius, Lituanie, en cette fin juillet 2003, l'actrice Marie Trintignant était plongée dans le coma après avoir été frappée par son compagnon, Bertrand Cantat, le chanteur du groupe Noir Désir. Rapatriée en France en état de mort cérébrale, elle mourait vendredi 1er août, dans une clinique des Hauts-de-Seine.

Pas elle, pas lui, pas comme ça. On se frottait les yeux. C'était bête et violent, archaïque et vulgaire, ça ne leur allait pas. L'affaire allait tenir la "une" des journaux et des magazines pendant des semaines. On voulait tout savoir parce qu'on ne comprenait pas.
Il avait fallu remonter un an plus tôt, à cette soirée où, après avoir assisté à l'un des concerts du groupe Noir Désir à Vaison-la-Romaine, Marie Trintignant avait déposé ses premiers Textos sur le portable de Bertrand Cantat. "Personne ne m'a jamais écrit comme ça", confiera-t-il plus tard. Entre l'actrice et le chanteur s'était alors nouée une "relation par les mots" qui, en quelques mois, les avait enflammés. Bertrand Cantat avait quitté sa femme, Kristina Rady, et Marie Trintignant s'était séparée du metteur en scène Samuel Benchetrit, le père de son dernier fils. "Il ne pouvait pas se passer deux heures sans que l'on soit ensemble, physiquement, au téléphone ou par Texto", racontera encore le chanteur.


Lorsque au printemps 2003, Marie Trintignant doit partir en Lituanie pour le tournage d'un téléfilm sur Colette, prévu pour durer deux mois, Bertrand Cantat la suit. Le couple s'installe dans un appartement du Domina Plaza, une résidence hôtelière plutôt chic située au coeur historique de la ville.


L'écoute de centaines d'heures d'enregistrement du groupe en vue de la parution d'un double album ne suffit pas à remplir les journées du chanteur, qui s'ennuie. L'actrice, elle, s'épuise à satisfaire ces cannibales du temps que sont les exigences du tournage et celles de sa passion amoureuse. Elle voudrait concilier les deux univers, elle en fait deux adversaires.


Nadine Trintignant, qui réalise le téléfilm sur Colette, s'agace des soudaines pudeurs de sa fille et de la précipitation avec laquelle elle abandonne chaque jour l'équipe pour dîner en tête-à-tête avec son "amoureux", comme elle dit. Bertrand Cantat, lui, a du mal à supporter le poids du clan familial - la mère, mais aussi le frère, assistant réalisateur, et le fils aîné, qui fait ses débuts d'acteur - sur Marie Trintignant.


Et puis il y a ce passé qui fait régulièrement tinter les portables des deux amants. A 40 ans sonnés, chacun a sa vie d'avant à porter. Quatre garçons nés de quatre pères différents pour l'actrice. Deux enfants dont une fille de quelques mois née en pleine tourmente amoureuse pour le chanteur. Quand il appelle son épouse, rongé de culpabilité, Marie s'irrite et devient cruelle. Lorsqu'elle pianote sur son écran quelques mots pour ses ex, la jalousie mord Bertrand Cantat, qui s'inquiète de sa juste place dans la vie tumultueuse de sa compagne.


Le 26 juillet 2003, le tournage du téléfilm est presque achevé. Tout le monde est fatigué, sur les nerfs. Quelques jours auparavant, Bertrand Cantat a promis à Marie Trintignant de "prendre davantage (ses) distances"avec Kristina. L'actrice veille, elle, à rassurer son amant sur les relations simplement affectueuses qu'elle entretient avec Samuel Benchetrit. Elle prend soin de lui lire le Texto qu'il vient de lui envoyer à propos du film Janis et John dont il était le réalisateur et dans lequel elle incarnait une mère de famille qui se faisait passer pour Janis Joplin. Elle omet juste de lui signaler la dernière phrase - "Merci ma petite Janis" - qu'il découvre en lui empruntant son téléphone. Quatre petits mots dérisoires, quatre mots de rien, mais quatre mots de trop après deux mois de huis clos à Vilnius.


Ce samedi soir, tous deux ont accepté l'invitation d'Andrius, un des techniciens lituaniens du tournage. Le chanteur n'en finit pas d'interroger sa compagne sur sa relation avec Samuel Benchetrit. Elle boit, fume et ne lui répond pas. Il s'énerve, insiste, brise un verre. Il est près de 1 heure du matin quand le couple rejoint son appartement du Domina Plaza. Sur le chemin, Roman, le fils aîné de Marie, croise sa mère embrumée, appuyée au bras de Bertrand Cantat.


Bertrand Cantat, très jaloux, ne supporte pas ce petit mot et entre dans une violente colère. Il faut dire que Marie refuse qu'il téléphone à son ex-épouse Kristina Rady. Il venait d'ailleurs de lui signifier qu'ils n'auraient plus de relations qu'à propos de leurs enfants pour prouver à Marie qu'il se consacrait totalement à elle. 


Dans la chambre le couple fait beaucoup de bruit. A tel point que le responsable de permanence va frapper à leur porte. Cantat ouvre la porte et s'excuse en promettant à l'employé qu'ils vont arrêter. 


Mais la dispute n'est pas terminée pour autant. 


Soudain Marie Trintignant excédée par la scène que lui fait son compagnon explose. Ses mots sont très violents et insultants vis à vis de Kristina et des enfants de Bertrand. C'est alors que les gestes prennent le pas sur les mots. Dans la lutte qui oppose les deux amants, Bertrand Cantat porte plusieurs coups au visage de la comédienne qui tombe au sol, inanimée. 


Cantat ne se rendant semble-t-il pas bien compte de la gravité des blessures de sa compagne la porte jusque dans son lit. Dans la nuit il appelle au téléphone Vincent, le frère de Marie et lui parle "d'une sale situation". Vincent rejoint le chanteur à l'aube mais ne mesure pas l'ampleur du drame qui est en train de se jouer. Ce n'est qu'à 8 heures qu'il se décide enfin à appeler les secours. 


Mort cérébrale 


Le 29 juillet 2003 une équipe médicale française pratique l’opération de la dernière chance à l’hôpital de Vilnius. 


Marie Trintignant se trouve dans un coma profond. Pour les médecins qui s’occupent d’elle, le pronostic vital est extrêmement réservé. Dans les jours qui suivent, son état se dégrade et le 31 juillet 2003 elle se trouve dans un coma irréversible avec un encéphalogramme totalement plat. 


Malgré l'avis défavorable des médecins, Nadine Trintignant décide de faire rapatrier sa fille en France par avion médicalisé. Elle décède des suites de ses blessures le 1er août 2003 à 10 heures 20 dans une clinique de Neuilly sur Seine. 


L’autopsie réalisée en France indique que l’actrice a été violemment frappée et secouée à plusieurs reprises et écarte implicitement la thèse d’une chute accidentelle. L’examen du corps relève de multiples traumatismes du visage, un oedème général du cerveau et une fracture des os du nez.

Lors de ses auditions, Bertrand Cantat reconnaît avoir frappé plusieurs fois Marie et se déclare responsable de sa mort. 

La suite, Bertrand Cantat l'a racontée en mars 2004, au premier jour de son procès devant le tribunal de Vilnius qui le jugeait pour coups mortels. "Marie était dans la salle de bains. Je lui ai demandé de parler, je voulais régler ce problème qu'il y avait entre nous. Quand j'ai reposé cette question, elle a explosé. Je ne la reconnaissais pas. Le ton est monté. J'ai rien compris, rien, rien, à son attitude, à son visage. J'avais mal moralement de ce qu'elle venait de me dire et là, je lui ai mis quatre gifles."
- De quelle main ? avait demandé le président.
Celle-ci, avait répondu Bertrand Cantat en montrant sa main droite.
- Par quelle partie de la main ?
- Celles-ci, avait-il dit, désignant la paume et le dos.
Et combien ?
Deux allers-retours."
Il avait fait le geste, et dans le silence de la salle, on avait entendu le fouettement de l'air. "Je n'accepte pas de moi-même d'avoir levé cette main. Jamais, jamais, elle n'aurait dû se lever."


Marie Trintignant était tombée près du sofa. "J'ai cru qu'elle dormait, elle respirait normalement", dira-t-il. Il l'a portée dans leur chambre, l'a déshabillée, a essuyé le sang sur son visage. Puis il a composé le numéro de téléphone de Samuel Benchetrit et lui a longuement parlé de sa jalousie. En larmes, il lui a dit aussi qu'il avait frappé l'actrice et qu'elle avait "un coquard".


Il a ensuite appelé le frère de Marie, Vincent, qui est aussitôt venu le rejoindre dans l'appartement mais qui n'a pas vu tout de suite le visage de sa soeur. Il était 6 heures du matin lorsque, apercevant un filet de sang qui s'échappait de la bouche de l'actrice, Vincent Trintignant a appelé les secours. Trop tard.
Le 29 mars 2004, Bertrand Cantat a été condamné par le tribunal de Vilnius à huit ans de réclusion criminelle. A la prison de Muret, près de Toulouse......

_________________
Zabou La Gragnotte
Revenir en haut Aller en bas
http://la-crypte-d-oscar.forumactif.com
 
Bertrand Cantat, Marie Trintignant : retour sur une tragédie moderne
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA CRYPTE D'OSCAR :: Divers :: Faits Divers & Histoires-
Sauter vers: