LA CRYPTE D'OSCAR

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  Anesthésiste fou

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Dark-Angel
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MessageSujet: Anesthésiste fou   Mar 31 Oct - 18:14



Agresseur au gaz étasuniens ayant œuvré dans les années 30 et 40 et encore non-identifié de nos jours. 

L'anesthésiste fou est le surnom donné à la personne (ou aux personnes) responsable(s) de nombreuses agressions aux États-Unis, dans le comté de Botetourt (en Virginie) en 1933 - 1934 et de Matoon (dans l'Illinois) en 1944. L'identité et les motivations de l'agresseur restent encore inconnues à ce jour.
Bien que les autorités n'aient pas officiellement relié les deux affaires de Botetourt et de Matoon, elles présentent de grandes similitudes qui conduisent souvent à les associer, voire à considérer qu'elles furent perpétrées par le même "anesthésiste fou".

Le mystérieux individu a fortement marqué l'imaginaire collectif américain, tout en étant considéré par les autorités gouvernementales et scientifiques comme un exemple typique d'hystérie collective.

Première vague d'attaques à Botetourt


C'est dans le comté de Botetourt, en Virginie, qu'une première vague d'attaque est recensée.

La nuit du 22 décembre 1933, dans la municipalité de Haymakertown, le gazeur attaqua par trois fois la même résidence : aux environs de 22h00, Mme Huffman remarqua une étrange odeur, et se sentit prise de nausée. L'odeur revint 30 minutes plus tard. Cal Huffman (le père de famille) contacta la police, qui envoya une voiture patrouiller dans les environs de la demeure. Peu après le retour au poste de l'officier (aux environs de 1h00 du matin) l'odeur refit surface une dernière fois, envahissant cette fois la totalité de la résidence et affectant les neufs personnes qui s'y trouvaient (les huit membres de la famille Huffman, ainsi qu'un ami resté pour la nuit, Ashby Henderson). Tous se plaignirent des symptômes suivants : maux de têtes, nausées, gonflement du visage et constriction de la gorge et de la bouche. Cal Huffman et Ashby Henderson restèrent en alerte à l'extérieur, et aperçurent un homme s'enfuir au loin.

Alice Huffman (la fille alors âgée de 19 ans) sembla davantage affectée que les autres résidents : sa gorge se serra si fort qu'elle ne put plus respirer, et une réanimation fut nécessaire. Plusieurs semaines après l'incident, elle souffrit également de crises convulsives. Néanmoins un physicien de la région, S.F Driver, rapporta que cela était apparemment plus dû à l'anxiété de l'évènement qu'à un réel effet du gaz lui-même.

Le 24 décembre, un autre incident survint : Clarence Hall, sa femme et ses deux enfants revennaiennt de l'église, où ils avaiennt célébré le réveillon de Noël. Une fois chez eux, une odeur douce leur prit la gorge, et ils se sentirent faibles et nauséeux. Ils prévinrent la police qui, après examens des lieux, remarqua qu'un clou coincé empêchait la fermeture d'une fenêtre vers laquelle le gaz semblait le plus concentré. Mme Hall en ressortit avec une légère irritation des yeux.

Le mystérieux agresseur restait toutefois introuvable, et ce malgré les patrouilles de la police ainsi que les groupes armés d'habitants sillonnant la région. La composition du gaz était tout autant énigmatique pour les enquêteurs. The Roanoke Times, un journal local, rapporta le fait divers en lui donnant la une sous le titre Gas Attack on Homes Continue (« Les attaques au gaz dans les maisons continuent »).

Un troisième incident se produisit le 27 décembre. Un résident de Troutville, A. Kelly et sa mère, rapporta les mêmes évènements que lors des deux affaires précédentes. Un quatrième incident survint également le 10 janvier, quand Mme Moore, une invitée chez Homer Hylton, un résident de Haymakertown, entendit des voix provenant de l'extérieur avant que du gaz ne soit injecté dans la maison via une fenêtre brisé. Le même jour, proche des lieux de l'attaque précédente, G. Kinzie affirma aussi avoir été agressé au gaz.

D'autres attaques furent reportées en 1934 : 

Le 16 janvier F. Duval prévint la police et abandonna sa maison pour poursuivre le rôdeur, qu'il aurait vu s'engouffrer dans une voiture pour s'enfuir à toute vitesse. Les patrouilles de police ne retrouvèrent pas la voiture, mais des empreintes de chaussures féminines furent visibles autour des lieux de l'incident.

Le 19 janvier, Mme Campbell, l'ex-femme du juge de Cloverdale, aperçut une ombre bouger à sa fenêtre et se sentit par la suite malade.

Le 21 janvier, Howard Crawford et sa femme retournaient chez eux, entre Troutville et Cloverdale. Un énorme nuage de fumée les envahit lorsqu'ils ouvrirent la porte.

Le 22 janvier, trois attaques eurent lieu à Carvin's Cove, chez Ed Reedy, George C. Riley et Raymond Etter. Les trois maisons étaient toutes séparés de 3 km, et furent attaqués à moins d'une heures d'intervalles.

Le 23 janvier à Pleasantdale Church, la famille de Mme R. H Hartsell rentrait chez elle après avoir passé la nuit chez des voisins. Ils constatèrent en arrivant que la porte d'entrée de la demeure était barricadée de l'extérieur avec du bois, et que l'intérieur était rempli de gaz.

Le 25 janvier à Cloverdale, Chester Snyder tenta d'abattre un rôdeur qui disparaissait dans la nuit. Une enquête de la police confirma qu'il y avait bien eu une personne inconnue autour de la propriété de Snyder, mais rien n'indiqua qu'il s'agissait de l'anesthésiste fou.

Le 28 janvier à Cloverdale, Ed Stanley, sa femme, et trois de leurs amis ressentirent les effets du gaz. Franck Guy, présent dans la maison, sortit immédiatement à l'extérieur et aperçut quatre silhouettes s'enfuir dans les bois.

Le 3 février à Nace, A.P Scaggs, sa femme et cinq de leurs amis respirèrent le gaz et en tombèrent gravement malades. L'un d'entre eux devint complétement hystérique, criant qu'il était "piégé" dans la résidence.

Le 9 février à Lithia, J.G Schafer sentit une étrange odeur de gaz dans sa maison. Il sortit et constata que de la neige semblait souillée par un liquide à l'odeur douceâtre en certains endroit. Après analyse, la neige contenait de l'arsenic, du soufre et de l'huile minérale, ingrédients de certains insecticides.

Durant toutes cette période, la région fut en alerte : les familles isolés passaient des nuits chez leurs amis ou voisins, et des patrouilles armées de locaux se formaient le long des routes durant la nuit. The Roanoke Times se voulut rassurant, demandant aux habitants de laisser la police faire son travail.

D'autres incidents furent reportés dans les environs, mais la police les considéra comme des réactions hystérique suite à une odeur domestique ou des reproductions effectuées par des plaisantins.

Le phénomène de l'anesthésiste fou finit par s'estomper peu à peu dans le comté de Botentourt et la région retrouva son calme.


Seconde vague d'attaques à Mattoon

Des attaques similaires à celles perpétrées à Botentourt furent signalées en 1944, mais cette fois dans le Comté de Coles, à Mattoon, dans l'Illinois.

Le 31 août, Urban Raef fut réveillé dans la mâtinée par une étrange odeur. Il se sentit alors faible et fut pris de nausées. Sa femme suspecta d'abord un empoisonnement au gaz domestique, et tenta de se lever pour vérifier s'il n'y avait pas une fuite dans la maison. Elle constata alors qu'elle est partiellement paralysée est incapable de quitter son lit. 
Plus tard dans la nuit, une mère de famille vivant dans une maison voisine fut réveillée par sa fille, qui semblait atteinte d'une forte toux... Mais elle se retrouva dans l'incapacité de se lever, étant comme paralysée.

Le 1 septembre, un troisième incident fut rapporté : Mme Kearney sentit une forte odeur douceâtre aux environs de 11h du matin. Elle attribua cette dernière aux fleurs situées sous sa fenêtre, mais l'odeur se fit de plus en plus forte, et elle se sentit perdre le contrôle de ses jambes. Paniquée, Mme Kearney appelle sa sœur, Mme Ready, qui était dans la maison au moment des faits. Cette dernière remarqua également l'odeur, qui lui semblait venir de la fenêtre ouverte de la chambre à coucher. La police fut contactée, mais pas la moindre trace d'un rôdeur ne fut trouvée autour de la résidence des Kearney. Ce n'est qu'aux environs de 00h30, en rentrant de son travail, que son époux M. Kearney aperçut un homme près d'une des fenêtres de sa maison. Ce dernier s'enfuit rapidement et Bert Kearney ne put le rattraper. Sa femme souffrit pour sa part de brûlures aux lèvres et à la gorge, qui furent attribuées à l'inhalation du gaz qui ne fut pas identifié.



La résidence des Kearney en 2006 
(Source : Fortean Times) 


Ce n'est qu'après cette agression que la presse locale s'empara de l'affaire. L'attaque des Kearney fut particulièrement médiatisée et la description du rôdeur aperçu par Bert Kearney fut publiée dans plusieurs journaux. Toutefois, personne ne fit le rapprochement avec les évènements survenus dans le comté de Botetourt.

Suite à la publication de ce fait divers dans le journal local, la population de Mattoon se mit à paniquer et de nombreuses attaques de l'anesthésiste furent signalées à travers la ville. Pour la seule journée du 6 septembre 1944, près de sept attaques furent reportés, pour un total de plus d'une vingtaine d'agressions présumées ! Tous les signalements faisaient état de la présence d'un homme entièrement vêtu de noir, et d'une odeur à la fois douce et forte.
Certains témoignages se révélèrent toutefois plus pertinents que d'autres : 

Le 5 septembre, Carl et Beulah Cordes rentraient chez eux vers 22h00 quand ils remarquèrent qu'un tissu blanc ressemblant à un mouchoir était posé sous leur porche. Beulah Cordes fut intriguée, elle renifla le mouchoir et tomba alors immédiatement malade. Son visage commença à transpirer, elle ressentit alors une sensation de brûlure dans sa gorge et sa bouche, puis elle finit par vomir. Elle éprouva également une forte fatigue et une paralysie de ses jambes.

Le 7 septembre, Miss Frances Smith et sa sœur, Maxine Smith, furent réveillées par un bourdonnement (équivalent à celui d'une machine) à l'extérieur de leur maison, puis elle aperçurent une vapeur bleutée. Elle souffrit par la suite des symptômes habituels : malaise et nausée, ainsi qu'une paralysie des jambes.

Le 13 septembre, Bertha Burch et son fils furent également attaqués avec du gaz. Mme Burch décrivit l'assaillant comme étant une femme portant des vêtements d'homme. Des empreintes de pas furent retrouvées le lendemain matin, mais l'enquête de la police conclut qu'elles n'avaient pas été faites par des chaussures de femmes.


Il s'agirait de la dernière attaque en date de l'anesthésiste fou. 

Tout comme ce fut le cas à Botetourt, la panique était très présente dans la ville : les citoyens organisaient des patrouilles nocturnes malgré l'interdiction de la police ; des familles se barricadaient chez elles, et un grand nombres de fausses alertes eurent lieu. Le FBI envoya des agents sur le terrain, mais l'anesthésiste fou resta introuvable. 
Finalement, le 12 septembre, la police de Mattoon finit par réduire la priorité de recherche sur l'anesthésiste fou. Selon les mots de Thomas V. Wright (alors Commissaire de Santé Publique de la ville) : "Il n'y a aucun doute sur le fait qu'un maniaque du gaz existe et a effectué un certain nombre d'attaques. Mais beaucoup d'entre elles ne sont rien de plus que de l'hystérie. La peur de l'Homme au gaz est complètement disproportionnée par rapport à la menace du gaz relativement inoffensif qu'il vaporise."


Représentations de l'anesthésiste fou 


Il n'existe aucun portrait robot historique de l'anesthésiste fou ayant frappé dans les années 30 à Botentourt, les témoins ayant fait état de "rôdeurs" autour de chez eux n'ayant pas pu les apercevoir d'assez près.


La description du rôdeur aperçu par Bert Kearney fut publiée dans un grand nombre de médias en 1944, lorsque l'affaire commença à être médiatisée : Kearney déclara qu'il avait vu comme un homme de grande taille, habillé de vêtements sombres et portant un petit chapeau noir.
Il semble que cette apparence eut un certain succès... puisque c'est ainsi que l'anesthésiste fou apparut dans la plupart des témoignages qui suivirent ; les représentations actuelles du personnage sont encore fidèles à cette description.

Dans la culture populaire moderne, l'anesthésiste fou est souvent dépeint avec une petite pompe à insecticide (qu'il est logiquement supposé utiliser pour répandre son gaz), même si les témoignages n'en ont jamais fait état. Il est également – mais plus rarement – représenté avec une silhouette féminine, puisque plusieurs témoignages et indices relevés après ses attaques indiquent qu'il s'agirait d'une femme.


Explications des incidents

Ils existent plusieurs théories pour expliquer les évènements qui se sont déroulés à Mattoon en 1944 ; elles peuvent être extrapolées avec plus ou moins de succès aux attaques de Botentourt de 1934 :

La pollution : le 12 septembre 1994, lors d'un conférence de presse, le chef de police C. E. Cole déclara que le tétrachlorométhane et le trichloréthylène étaient sans doute responsables des incidents ayant eu lieu à Matton. En effets, ils présentent la particularité de provoquer les mêmes symptômes que ceux déclarés par les victimes, et étaient utilisé dans les zones industrielles environnant la région de Mattoon. Toujours d'après cette déclaration, l'anesthésiste serait quant à lui issu de l'imagination du public.

En réponse au déclarations de Cole, la compagnie Atlas-Imperial se défendit en prouvant qu'elle n'utilisait le tétrachlorométhane que dans son équipement anti-incendie.... et qu'une fuite accidentelle de trichloréthylène ne pouvait être responsable des incidents, car les ouvriers des usines – ainsi qu'une plus grande partie de la population de Matton – auraient dû logiquement souffrir des symptômes d'intoxication.

Un assaillant réel : un grand nombre de suspects plus ou moins farfelus ont été avancés. Certains ont vu dans l'anesthésiste fou un extraterrestre, un agent gouvernemental, un homme-singe, un voyageur inter-dimensionnel, un espion nazi,un fantôme, etc...

En 2003, Scott Maruna publie "The mad gasser of Mattoon ? Dispelling the Hysteria" où il détaille son enquête et sa version des faits : selon lui, le coupable serait Farley Llewellyn. Ce brillant étudiant en chimie de l'Université de l'Illinois était mis à l'écart du reste de la communauté en raison de soupçons sur sa probable homosexualité ; ces deux éléments lui donnent ainsi à la fois la connaissance nécessaire aux crimes perpétrés, ainsi que ses motivations. Maruna prétend également que les deux sœurs de Farley, Kathryn et Florence Llewellyn, se serait impliquées dans certaines attaques, de sorte à écarter leur frère de la liste des suspects.

De nos jours, cette version des faits est considérée comme la vérité par un grand nombre des habitants de Mattoon.

L'hystérie collective : le nombre d'attaques de l'anesthésiste fou ayant grimpé après le cas des époux Kearney, il est admis qu'une crise de panique s'est emparée de habitants de Matton. Cela semble en partie dû aux médias et au contexte de guerre de l'époque : les États-Unis étaient pleinement engagés dans le conflit de la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup d'hommes étaient absents de leurs foyers... Les titres des journaux signalant des attaques au gaz ne firent qu'alimenter l'état de peur et de malaise ambiant sur les populations, qui s'exprima dans une paranoïa exacerbée des habitants vis à vis de toute odeur ou tout signe inhabituels, voire par de véritables crises d'hystérie. Il est souvent pointé du doigt que les symptômes de l'hystérie collective (maux de tête, nausée, sensation de fatigue et de faiblesse musculaire parfois puissante au point de paralyser le corps) correspondent à ceux ressentis par de nombreuses victimes des attaques de l'anesthésiste fou.

Les propos des représentants des autorités, comme T.V Wright et C.E Cole, allèrent très tôt en ce sens. Donald M. Johnson, en 1945, leur apporta son soutien dans une de ses publications The 'phantom anesthetist' of Mattoon: a field study of mass hysteria, parue dans la revue scientifique Journal of Abnormal Psychology. Cet article, avec l'aide de J. P. Chaplin, posa les bases d'une étude des phénomènes d'hystérie collective.

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