LA CRYPTE D'OSCAR

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  Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )

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Dark-Angel
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MessageSujet: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 20:04




Il ne s'agit pas de la véritable Aurore,sur cette photo,mais de la 
petite actrice ayant interprété son rôle dans le tout premier film 
qui est était tourné sur sa vie!!!!


Aurore Gagnon fut victime de maltraitances de la part de sa belle-mère, Marie-Anne Houde, et de son père, Télesphore Gagnon, dans un village situé dans le Centre-du-Québec. Elle est décédée d'un empoisonnement du sang à l'âge de dix ans dû aux sévices répétés de la part de ces derniers.


Son histoire est devenue, aux dires de l'un de ses biographes, le romancier André Mathieu, « le drame le plus pathétique » du passé collectif des Québécois. Remis en mémoire par des pièces de théâtre, des romans et des films, elle a laissé une marque profonde dans l’imaginaire collectif des Québécois. Son village natal,Fortierville" Sainte-Philomène de Fortierville,fut popularisé par son destin tragique.


Aurore Gagnon (baptisée Marie-Aurore-Lucienne Gagnon est la seconde fille de Télesphore Gagnon et de sa première épouse, Marie-Anne Caron, qu'il épouse en septembre 1906 au Québec".Télesphore est un fermier prospère de Fortierville" Sainte-Philomène de Fortierville, petit village situé sur la rive Sud du fleuve Saint-Laurent à une centaine de kilomètres au Sud-Ouest de Québec.Il est propriétaire d'une terre à l'entrée Est du village et on estime qu'il possède 10 000 $ en biens en 1920 au Québec".Le premier enfant des Gagnon, Marie-Jeanne, est née en août 1907 au Québec"et a été suivie par Aurore (31 mai 1909), Georges et Joseph au Québec" .


Peu après la dernière naissance, Marie-Anne Caron tombe malade et les médecins diagnostiquent vite la Tuberculose". Marie-Anne Houde, la veuve d'un cousin de Télesphore, emménage bientôt chez lui afin de s'occuper de la maison et des enfants. Âgée d'environ trente ans, elle est mère de deux enfants, Gérard et Georges-Henri. Elle est originaire de Sainte-Sophie-de-Lévrard", une municipalité voisine de Fortierville. C'est à la suite de son arrivée que plusieurs drames successifs s'abattent sur les Gagnon. En novembre 1917 au Québec",le corps du plus jeune des enfants, Joseph, un enfant de deux ans, est retrouvé mort dans son lit. Une enquête du coroner conclut à une mort naturelle. En janvier 1918_au_Québec", Marie-Anne Caron décède de la tuberculose à l'asile de Beauport, le 23 janvier 1918. Incapable de s'occuper seul de sa ferme et de ses enfants, Télesphore Gagnon épouse discrètement Marie-Anne Houde une semaine plus tard, le 1er février 1918 au Québec
Les enfants vont vivre quelques mois chez leurs grands-parents maternels à Leclercville", une autre municipalité voisine. Ce n'est qu'à l'été 1919 au Québec" qu'ils réemménagent chez leurs parents. Pendant six mois, la seconde fille, Aurore, va vivre un martyre. Outre les sévices, Marie-Anne Houde lui faisait boire de la Lessive"ou lui coupait mal les cheveux (selon certains témoignages). Aurore a même dû être hospitalisée à l'automne à l'Hôpital,Hôtel-Dieu de Québec parce que sa belle-mère avait brûlé son pied avec un tisonnier rougi au feu. À son retour de l'hôpital, les sévices ont vite recommencé. Le 12 février"1920 au Québec",Aurore décède dans des circonstances tellement suspectes que les autorités sont alertées. Une autopsie est pratiquée dans le sous-sol de la sacristie de l'église par le docteur Albert Marois. Celui-ci note 54 blessures sur tout le corps de l'enfant, résultats des coups portés, aucune n'étant cependant mortelle par elle-même. La blessure la plus grave se trouve sur le côté du crâne. Le cuir chevelu est couvert de sang et de pus. La cuisse gauche est tuméfiée. Sur les doigts et les poignets, la peau est enlevée jusqu'à l'os.


Les funérailles ont lieu le 14 février. À la sortie de l'église, Marie-Anne Houde fut condammée à la Pendaison" jusqu'à ce que la mort s'ensuive. Elle fut libérée le 3_juillet"pour des raisons de santé, car elle a été atteinte du Cancer du sein" ainsi que du Cancer du cerveau".Elle va s'établir chez une sœur de son premier mari sur la Rue Saint-Denis à Montréal où elle meurt le 13_mai"1936. Télesphore Gagnon, également accusé du décès d'Aurore, fut quant à lui condammé à la prison à vie pour homicide involontaire, mais il a été libéré de prison en 1925 pour « bonne conduite » après avoir purgé seulement 5 ans. Par la suite, il retourna dans son village natal et continua son « ancienne vie », où il écrit plusieurs lettres à Marie-Anne Houde, toujours en prison. Après la mort de cette dernière en 1936, Télesphore se remarie, avant de mourir en septembre 1961. La sœur aînée d'Aurore, Marie-Jeanne, est décédée en 1986 a Shawinigan au Québec"....


Les procès avaient attiré des centaines de personnes et on devait refuser du monde à chaque séance. Les journaux donnaient des compte-rendus détaillés de chacune d'entre elles, ce qui a inspiré deux acteurs, Henri Rollin[/url] et Léon_PetitJean,qui écrivent une pièce de théâtre intitulée Aurore,_l'enfant_martyre qui reprend l'histoire de l'affaire en la romançant quelque peu. La première a lieu le 21 Janvier"1921 au Québec au Théâtre Alcazar de Montréal et est un véritable triomphe. Après avoir fait l'affiche de cinq autres théâtres montréalais, la troupe fait une tournée à travers le Québec avant d'en entamer d'autres en Ontario et dans les provinces maritimes. En 25 ans, la pièce est jouée plus de 6000 fois et attire,semble-t-il, 180 000 personnes. Le rôle de la marâtre est tour à tour joué par Amanda d'Estrée,Germaine Germain,Nana de Varennes Rose Rey-Duzil Henriette Berthier Lucie Mitchell. Quant à celui d'Aurore, son interprète principale est Thérèse McKinnon


En 1950 au Québec"1950, le succès est toujours aussi constant, ce qui donne l'idée aux producteurs de l'Alliance cinématographique canadienne d'en faire un film. La réalisation est confiée à Jean-Yves Bigras qui décide de baser son scénario sur un roman d'Émile Asselin, inspiré du fait divers et sorti en 1951_au_Québec". Le tournage a lieu à l'été 1951 à Sainte-Dorothée,une petite municipalité de l'Île Jésus au nord de Montréal. Lucie Mitchell reprend le rôle de la marâtre et Paul Desmarteaux obtient celui du père. Thérèse McKinnon, qui a joué le rôle d'Aurore au théâtre pendant des années obtient cette fois celui de la mère naturelle. C'est la petite Yvonne Laflamme qui interprète le rôle d'Aurore. Le film doit sortir à l'automne 1951, mais Télesphore Gagnon tente d'obtenir une injonction pour empêcher sa diffusion. La Cour tranche finalement en faveur des producteurs, déclarant entre autres que le père d'Aurore, à l'époque, ne s'était jamais opposé à ce que la pièce de théâtre prenne l'affiche.


La première de La_Petite_Aurore,_l'enfant_martyre" a lieu le 25 avril" 1952 au Québec Théâtre Saint-Denis. Pendant des semaines, le film est joué à guichets fermés, une première pour un film québécois. Il sera plus tard traduit en 8 langues. En 1984, la pièce de Rollin et de Petit-Jean est reprise au Québec sous le titre Aurore. Mise en scène par René-Richard_Cyr, elle met en vedette Louison Danis dans le rôle de la marâtre et Adèle dans celui d'Aurore.


En 2004 au Québec" on annonce le prochain tournage d'un nouveau film sur Aurore Gagnon produit par Denise Robert et réalisé par Luc Dionne". En septembre, 10 000 petites filles se présentent à l'audition pour obtenir le rôle-titre. C'est une jeune fille de Québec,Marianne Fortier, qui l'obtient. Outre Marianne Fortier, le film met en vedette Serge Postigo,Hélène Bourgeois-Leclerc.Yves Jacques et Rémy_Girard".Il a ceci de particulier qu'il met également en cause la culpabilité du curé du village de Fortierville, qui aurait encouragé la marâtre à être sévère envers ses enfants. Comme le premier film, il connaît un très grand succès, faisant des recettes de $972 582 lors de sa première fin de semaine, ce qui constituait, alors un record estival pour un film québécois.


Le cas d'Aurore a fait couler beaucoup d'encre chez les historiens de l'histoire sociale du Québec. Tout d'abord, beaucoup considèrent le cas d'Aurore comme le point tournant de la justice pour les enfants au Québec, voire au Canada. En effet, cela a permis dès le départ d'attirer les regards de la société sur les drames et la violence dans les familles.


Également signe d'un changement des mentalités, le cas d'Aurore rappelle à la société de l'époque que l'honneur peut être bafouée davantage par le silence que par la dénonciation, qui aurait pu éviter à Aurore son triste sort. Cette affirmation ressort davantage dans le film de 2005, où l'on va même questionner l'infaillibilité du clergé, chose qui était peu commune pour le Québec de l'époque.


Liens externes



  • Aurore! Le mystère de l'enfant martyre.


  • Aurore,_l'enfant_martyre" (pièce de théâtre)


  • La Petite Aurore,l'enfant_martyre" 


  • La Petite Aurore, l'enfant martyre (1952) ; Scénario d'Émile Asselin.


  • Aurore_(film,_2005)" Aurore (film, 2005)


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Zabou La Gragnotte


Dernière édition par Dark-Angel le Dim 29 Oct - 22:04, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 20:12

Une opinion Personnelle. 



M. Télesphore Gagnon

Double personnalités, discret, honnête, travaillant, toujours prêt à rendre service c’est vrai. Mais l’autre facette de Télesphore, homme mené par la religion; pour lui tout ce qui importe c'est «son honneur». Une femme doit être soumise et s'occuper de la famille; il considérait les enfants comme un embarras, une bouche de plus à nourrir. 

Moi je ne crois pas qu’une personne humaine et sensée, ne pouvait pas voir dans sa maison, un enfant mal en point qui se mourait à petit feu, que tous les autres sont horrifiés par tout ce qui se passe. Un enfant qui meurt par accident, ça peut se comprendre. Mais là, il était rendu au troisième dans si peu de temps. Son entourage lui fait voir que ça n’allait pas chez lui. Qui ne cherchait même pas à savoir le pourquoi de la tournure des évènements? Ce personnage aurait-il passé à côté de sa vocation, peut-être aurait t’il dû suivre les traces de Charles, vagabondez ici et là.




Mme Marie-Anne Caron

Même si elle a terminé ses jours à l’hôpital et que certaines personnes de l’époque la croyaient folle, cette femme pouvait être dépressive mais loin de la folie. Imaginez une mère qui sait qu’elle va mourir sous peu, qui croit fermement et avec raison que ses enfants qu’elle aime plus que tout au monde, sont en danger et ne peut leur venir en aide... Qui ne serait pas tombé malade?







Mme Marie-Jeanne Gagnon

Marie-Jeanne est une personne qui a droit à tout mon respect. C'est une femme qui a connu l’horreur en voyant mourir un petit frère, Joseph qui n’avait que deux ans et demi. De plus elle a vu mourir Lucina, la fille de sa belle-mère et, comme si ce n’était pas suffisant, elle voit souffrir et mourir une autre petite sœur, Aurore, sans pouvoir la protéger ni même l’aider. À douze ans, Marie-Jeanne se retrouve, malgré elle, dans un procès plus que médiatisé. Par la suite, elle est seule aux orphelinats de la rue des Glacis et d’Youville en mille neuf cent vingt-cinq. Elle a fait ses études et, d’après moi, a enseigné à l’orphelinat d’Youville. Plus tard elle a fait un changement de carrière pour devenir infirmière dans la région de Shawinigan. Là, elle a pris une retraite bien méritée et y mourut paisiblement en mille neuf cent quatre-vingt-six à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Sa dépouille y est ensevelie. 

M. Charles Caron


M. Caron fut un réconfort pour la petite Aurore, un être bon à ses yeux, un petit quelque chose qu’elle ne trouvait pas chez son père. C'était un homme qui l’aimait et qui n’aurait jamais voulu lui faire le moindre mal. Ironie du sort, il lui a apporté, à elle (Aurore) et sa famille, les pires malheurs inimaginables: la maladie et le décès de sa mère et, par enchaînement, son martyre et sa propre mort.







Les paroissiens de Sainte-Philomène de Fortierville

Le silence gardé n'a qu’encouragé les sévices d’une femme au cerveau dérangé. M. Oréus Mailhot a vu cela dès le départ. Après avoir examiné la blessure au pied de l’enfant, il ne croyait pas les dires des principaux intéressés. Dans ses fonctions de juge de paix, il avait le droit et l’obligation de mener son enquête plus à fond. (Ex: Rencontrer le petit Gagnon et le petit Bédard, avec leurs parents pour avoir une autre version des faits). Il faut comprendre à l’époque: c’était tais-toi et suis le rang. Devinez qui dirigeait le troupeau? Allez à l’encontre du curé, ça serait se placer dans l'embarras.

Certaines personnes âgées de Fortierville se sont senties coupables pour ne pas avoir parlé; elles ont eu un peu raison mais elles n'étaient pas seules à savoir. Les grands-parents Caron savaient qu'Aurore se faisait maltraiter pour des riens. Marguerite Leboeuf est demeurée une semaine dans la famille Gagnon et elle a vu Aurore se faire maltraiter au moins à quatre reprises. Même si Marguerite n'avait que quinze ans à l'époque, elle a dû sûrement en parler à ses parents. Et combien d'autres gens qui n'habitaient pas Fortierville mais qui savaient cela; pour moi ils étaient tous aussi coupables. 








M. l’abbé Ferdinand Massé (Homme intellectuel)

L’erreur initiale fût faite par un évêque qui a envoyé cet homme dans une petite paroisse comme Fortierville en sachant que ce n’était pas sa place pour diriger cette communauté. M. Ferdinand Massé était un être sans scrupule qui n’avait rien à faire des habitants de ce village. Pour lui et son ego, seule la grandeur de Rome pouvait compter. Tout ce qui se contait, sur Aurore et sa famille ne valait pas la peine qu’il dérange son petit train de vie.









Aurore Gagnon 


Cette petite fille a apporté avec elle tous ses plus beaux souvenirs mais nous a laissé le gros de ses malheurs. Née à Ste-Philomène de Fortierville, le trente et un mai mille neuf cent neuf, à part de subir la dureté de son père, elle a eu une vie plutôt agréable comme bien d’autres enfants de cette époque, l’amour d’une mère et de son père, l’amitié de Marie-Jeanne sa grande-sœur et plus tard de son petit frère Georges-Étienne, elle a eu aussi quelques amis.

Vers l’âge de huit ans, tout a basculé, sa mère tombe malade de la tuberculose, maladie incurable à cette époque; son père devient violent. comme il ne peut pas s’occuper des enfants tout en travaillant, Aurore et Marie-Jeanne sont envoyées à l’orphelinat de la rue des Glacis à Québec. Pour leurs vacances d’été elles vont chez leurs grands parents Caron. Aurore fut séparées de son frère Georges-Étienne parce que ce dernier a été envoyé à Mme Rose-Anna et M. Octave Hamel de Sorel. Après l’arrivée de sa future belle-mère, le curé force Télesphore à rapatrier Aurore et Marie-Jeanne. Georges-Étienne n’est pas retourné à Fortierville.
En l’espace de deux ans, entre le 23 janvier 1918 et le 12 février 1920, il y a eu la mort de sa mère, de son petit frère Joseph et de la petite Lucina demeurant tous sous le même toit.
Aurore a été bafouée dans sa vie et même dépréciée après son décès. Sa vie n’a durée que 3909 jours (soit 10 ans, 8 mois et 14 jours).

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Zabou La Gragnotte
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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 21:03

LE MARTYRE D'AURORE GAGNON
La Presse 16 avril 1920, p. 1


MARIE-JEANNE GAGNON, SOEUR DE LA DEFUNTE, DECLARE QUE LA PREVENUE TOURMENTAIT SA VICTIME 
AVEC UN TISONNIER ROUGI AU FEU

La fillette ajoute que la belle-mère, toutes les nuits, montait dans la chambre de la victime pour la battre avec des "éclats" de bois.- L'institutrice, Mlle Saint-Onge, vient déclarer que la petite martyre était une enfant sage, obéissante et très intelligente.- 
La victime fut battue avec un manche de fourche le jour même de sa mort. 

LETTRE COMPROMETTANTE ECRITE PAR LA PREVENUE, A SES BEAUX-PARENTS, ALORS QU'ELLE ETAIT EN PRISON A QUEBEC
Le tribunal au complet se transporte ce matin à l'hôpital Dussault pour entendre la version du jeune Gérard Gagnon, frère de la victime, malade de la grippe. 




Le Témoignage que 

 rend GERARD GAGNON

Québec, 16.-Les éléments d'émotion continuent d'affluer au procès de la femme Gagnon, accusée d'avoir martyrisé sa belle-fille Aurore, qui a succombé à l'âge de 11 ans, laquelle était la propre enfant du mari de la prévenue, le nommé Télesphore Gagnon, qui subira aussi son procès sous une accusation de meurtre. 

Les témoignages accablants qui ont été entendus hier ont causé dans notre ville un émoi facile à concevoir. Il est heureux que le huis-clos a été observé hier, car si une foule comme celle des premiers jours du procès eut entendu les témoignages rendus, hier, on aurait pu s'attendre à quelque manifestation regrettable.

LA PREVENUE PLEURE

L'accusée se tient toujours la tête entourée d'un voile noir opaque qui ne laisse rien soupçonner de ses traits. On a pu seulement constater hier après-midi, à la fin du témoignage du jeune Georges Gagnon, fils de son mari, qu'elle sanglotait.
L'audience d'hier après-midi a été consacrée à la fin du témoignage de Marie-Jeanne Gagnon, soeur d'Aurore, à celui de Georges Gagnon, frère d'Aurore, et à celui de Mlle Saint-Onge, institutrice. 
Au début de la séance, le juge Pelletier rassura Marie-Jeanne Gagnon et lui conseilla de prendre les choses avec sang-froid. Il dit que M. Francoeur a le droit et même le devoir de l'interroger comme il l'a fait. Il lui demande donc de répondre sans crainte, l'assurant qu'il ne lui sera fait aucun mal. 

LETTRE COMPROMETTANTE

M. Fitzpatrick dépose devant le tribunal une lettre écrite par la femme Gagnon, pendant qu'elle était en prison et adressée à son beau-père et à sa belle-mère, M. et Mme Gédéon Gagnon, de Saint-Philomène. 
M. Francoeur s'objecte à la lecture de cette lettre, mais le juge rejette cette objection et fait lire la lettre. Nous en publions ici le texte, en respectant le style et les fautes d'orthographe. 
Adresse: Télesphore Gagnon, 311 avenue Wolfe, Haute Ville, Québec. 
Bien chèr mère et cher père je vous écrit quelques mot pour vous dire que mon mari est bien et moi il y a 5 jours que je suis au lit de la grippe mais la je vais me lever demain cest pour cela que l'enquète est retardé cest bien long et bien ennuiant nous avons bien hâte de s'en aller sa peut aller au commencement de la semaine du 29 cest bien long comme vous voyez oubliez nous pas dans vos prieres ainsi que les enfants il vont aller chercher Gerard pour lenquete vous lui direz quand même le detective le questionnerait qu'il ne parle pas il n'a pas le droit et cest ce qui a fait a Marie Jeane et à la cours qu'ils disent rien que oui ou non vous lui direz parceux que lui vous comprenez il est sourd il peuvent lui faire dire ce quil voudront vous lui direz si la petite pleure bien et si les autres nesont pas malades memère vous prendrez de la flanelette quil y a dans ma chambre et faite faire chacun 2 chemises au petit et si vous avez besoin de quelques choses pour manger aller chez Mde Baril et la petite si elle pleure donnez-lui du sirop laissez la pas pleuré et le linge salle ne lavez pas cela attendez que je sois rendu ne donnez pas de nouvelle à personne repondez moi tout de suite et dite tous comment cela se passe et memère doit être fatiguée mais leBon Dieu la recompensera rien ne se perd oubliez nous pas dans priere et les enfants non plus Bien des gros becs à tous Marie Jeane elle est bien elle aussi reponse de suite et priez pour nous autres. 
Enveloppe: Mrs Gedeon Gagnon, Fortierville, comté de Lotbinière, P. Q. 

MARIE-JEANNE GAGNON

Me Francoeur reprend alors le contre-interrogatoire de la soeur de la victime. 


-N'avez-vous jamais couché avec Aurore? 
-Non. 


-N'avez-vous pas couché avec elle en revenant de l'hospice d'Youville? 
-Non. 


-Et avant que l'accusée soit mariée avec votre père, durant les vacances? 
-Non, Aurore n'a jamais passé les vacances-là dans ce temps-là. 


-Vous avez dit que votre mère montait souvent battre Aurore en haut? 
-Oui. 


-Tous les soirs? 
-Toutes les nuits. 


-Etiez-vous éveillée?
-Ça me réveillait quand Aurore criait. 


-Gérard couchait en haut? 
-Oui, mais pas dans la même chambre. 


-Avec quoi l'accusée battait-elle Aurore en haut? 
-Avec des éclats de bois. 


-Avait-elle une lampe? 
-Oui, tout le temps. 


-N'est-il pas vrai que votre mère est montée une fois la nuit parce qu'Aurore était couchée avec ses petits frères? 
-Oui, c'est arrivé une fois. (Ici Marie-Jeanne se met à pleurer à chaudes larmes. Quelques instants après elle continue): Aurore avait froid et elle a voulu se réchauffer. 


-Vous avez dit qu'Aurore souillait son lit parce que l'accusée lui enlevait le vase de nuit? 
-Oui. 


-Quand cela est-il arrivé? 
-Un mois avant sa mort. 


-Faisait-elle cela seulement quand il n'y avait pas de vase? 
-Oui. 


-Y avait-il une chaudière dans la chambre? 
-Non. 


-Vous jurez que cela n'est arrivé dans aucun autre cas? 
-Non, du moins je ne m'en souviens pas. 


-Avez-vous déjà mis des onguents sur les plaies d'Aurore? 
-Oui, l'été dernier, papa m'en a fait mettre. 


-Aurore se grattait-elle? 
-Non. 


-Aurore ne grattait pas ses boutons? 
-Non, elle n'avait pas de boutons. 


-N'avait-elle pas de gales? 
-Oui. 
-Ne grattait-elle pas ses gales pour s'essuyer les mains ensuite sur le mur? 
-Non. 


-Vous-même n'avez-vous jamais brûlé Aurore? 
-Non, je n'ai jamais brûlé Aurore. 


-Une fois quand votre mère était à la grange, n'avez-vous pas fait prendre à Aurore le tisonnier rougi? 
-Non, c'est elle (l'accusée) qui faisait cela, et elle disait: "Regarde si elle est folle, elle ne sait pas prendre le tisonnier sans se brûler." 


-Le tisonnier était-il rouge? 
-Oui. 


-Comment le saviez-vous, si, comme vous l'avez dit, vous vous teniez dans la fenêtre et regardiez dehors quand cela se passait? 
-Je regardais dehors seulement quand elle brûlait Aurore, mais pas quand elle faisait rougir le tisonnier dans le poêle. 


-Sur quelle longueur faisait-elle rougir le tisonnier? 
(Ici le témoin montre avec ses mains une longueur de 7 à 8 pouces.) 


-Qu'est-ce qui arrivait après cela? 
-La peau des mains partait. 


-Combien de fois cela est-il arrivé? 
-Je ne sais pas. Je me rappelle que c'est arrivé trois fois que la peau des mains est partie. 


-Combien de fois l'accusée a-t-elle brûlé Aurore? 
-Je ne sais pas. 


-Quand l'a-t-elle brûlée pour la première fois? 
-C'était en janvier dernier. 


-Et les autres fois? 
-Je me rappelle que c'est arrivé une fois en février. 


-Sur quelle partie du corps la brûlait-elle? 
-Partout. 



-Mais encore? 
-Sur les pieds, sur les bras, sur les mains, sur les poignets... 


-L'a-t-elle brûlée sur le visage? 
-Non....Je ne connais pas bien toutes les places où elle l'a brûlée, mais je sais qu'elle l'a brûlée assez qu'Aurore en est morte. 



LES AUTRES AVAIENT PEUR
-Où le père se tenait-il dans ce temps-là? 


-Papa n'y était pas, il était au clos. 


-Quand il revenait à la maison est-ce que vous lui disiez ce qui s'était passé? 
-Non. 
-

Pourquoi? 
-Nous avions peur de nous faire battre. 


-Par qui? 
-Par maman. 


-N'est-il pas vrai que vous racontiez toutes vos chicanes à votre père quand il arrivait à la maison? 
-Non. 
-

Et si votre père venait jurer cela, est-ce qu'il ne dirait pas la vérité? 
-Il ne peut pas dire cela. 


-Votre père ne vous a-t-il jamais fait des remontrances au sujet de votre conduite avec vos frères et soeurs? 
-Non. 


-Ne vous a-t-il jamais donné quelques conseils quand vous partiez pour aller à confesse? 
-Non 


-Et quand vous reveniez de confesse? 
-Non. 


-Quand Aurore a-t-elle tombé sur le panneau du poêle? 
-C'était dans le mois de janvier. 


-Où le père se trouvait-il alors? 
-Il était allé veiller le corps de mon oncle Anthime. 


-Aurore s'était fait mal à l'oeil, n'est-ce pas? 
-Quel oeil? 


-L'oeil gauche. Il était boursouflé et noir. 
-Votre mère a-t-elle pansé cet oeil? 


-Elle a mis du pain bouilli avec du lait et cela a guéri... Le soir que cela est arrivé, Aurore n'avait qu'un oeil de noir. Le lendemain matin elle avait les deux yeux noirs. Je ne sais pas comment cela est arrivé... J'ai fait une erreur tantôt, 
c'est durant la maladie de mon oncle qu'Aurore est tombée sur le panneau du poêle. Papa était allé veiller chez mon oncle malade. 


-Quand votre mère a-t-elle pansé ces blessures? 
-Seulement trois jours après l'accident, le soir que ma tante Rose-Anna ets [est] venue. 



LE BAILLON
-Reconnaissez-vous cette "strap" (courroie)? 
-Oui. 


-Vous avez dit qu'Aurore a été baillonnée avec cette courroie, combien de fois? 
-Une fois. 


-A quoi servait cette courroie? 
-Le père s'en servait quand il allait à la chasse. 


-Vous reconnaissez cette hart? 
-Oui. 


-N'est-il pas vrai que vos petits frères s'en servaient pour jouer dans la maison, en haut? 
-Ils jouaient en haut quelques-fois, mais pas avec cette hart, c'était avec un bout de fouet. 


-Combien de fois ont-ils joué en haut comme cela? 
-Je ne m'en souviens pas. 



MARIE-JEANNE SE CACHAIT
-Vous rappelez-vous être déjà partie de la maison pour aller vous cacher dans le bois? 
-Je me le rappelle. 


-Combien de fois cela vous est-il arrivé? 
-Je ne sais pas. 


-N'est-il pas vrai que votre père vous a rencontrée une fois dans le bois et vous a ramenée à la maison? 
-Oui, je n'étais pas cachée dans le bois, je m'en allais au village parce que maman m'avait donné la volée, je ne me rappelle pas pourquoi. Je crois que c'était le jour que maman était revenue de Québec. Elle m'avait demandé de faire un 
ouvrage et elle était revenue avant que je l'eusse fini. Elle m'a alors dit: "Tu vas en manger une bonne". 


-Vous rappelez-vous être revenue un jour à la maison en disant que vous aviez vu des bêtes dans la grange? 
-Ca, c'est sûrement pas vrai. 


-Après vos fuites comme cela, vous retourniez à la maison quand vous reveniez à vous? 
-J'étais à moi quand je partais. 


-Vous avez dit que le jour de la mort d'Aurore, votre mère l'a frappée avec un manche de hache? 
-Non, c'était avec un manche de fourche. 


-Où l'avait-elle pris? 
-Dans le hangar. 


-Aurore a-t-elle déjeuné ce matin-là? 
-Non. 


-Votre mère lui a-t-elle offert à déjeuner ? 
-Oui, mais Aurore ne voulait pas. Elle n'avait que la moitié de sa connaissance, elle faisait signe que non. 


-Sur quel endroit du corps l'a-t-elle frappée ce jour-là ? 
-Sur le dos. 


-Combien de coups votre mère a-t-elle donnés ? 


DROLES DE GESTES
-
Trois coups: peut-être en a-t-elle donné d'autres, mais je n'en ai remarqué que trois. En arrivant en bas, Aurore était tombée écrasée sur le plancher. Maman a dit: "Ce sont des gestes". Puis elle lui donna trois coups de manche de fourche sur le dos. Maman était allée la chercher en haut en disant: "La vache elle n'est pas pour rester couchée toute la journée". 


CHEVEUX ARRACHES
-Vous dites que vous avez vu votre mère arracher les cheveux d'Aurore ? 
-Oui. 


-Aurore avait-elle les cheveux courts? 
-Oui. 


-Comme ceux d'un petit garçon? 
-Oui, mais assez longs pour que le fer à friser pût faire deux tours. 


-Est-ce que cela paraissait qu'Aurore avait des cheveux arrachés? 
-Oui, elle avait une plaque en arrière de la tête. 


-De quelle dimension? 
-Je ne sais pas, mais ça se voyait. 


-Il n'y avait pas besoin d'être médecin pour voir cela, n'est-ce pas? 
-Non. 


-Montrez donc sur votre tête l'endroit exact de cette plaque? 
-Je ne me le rappelle pas. 


-C'était peu de temps avant sa mort? 
-C'était dans les derniers quinze jours. 


-Les cheveux ont-ils repoussé à cet endroit-là? 
-La matin qu'elle est morte, je l'ai vue et ça n'avait pas repoussé. 


-Etait-ce enflé? 
-Je ne sais pas, mais il y avait une gale. 


-Après la mort, vous avez enlevé les draps de son lit? 
-Il n'y avait pas de draps. 


-Combien de fois Aurore a-t-elle été accusée par sa mère d'avoir déposé des saletés dans les habits de son père? 
-Une fois et c'était ma mère qui avait fait cela. Elle a pris des ordures et elle a mis cela dans le capot de papa. 


-Ne vous rappelez-vous pas qu'Aurore a fait des ordures dans un chapeau? 
-Je n'ai jamais eu connaissance de cela. 



Ainsi se termine le témoignage de Marie-Jeanne Gagnon, le plus formidable qui ait été entendu contre l'accusée.

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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 21:35

Mlle SAINT-ONGE



Mlle Saint-Onge, maîtresse d'école à Sainte-Philomène depuis un an, est ensuite entendue, et interrogée par M. Fitzpatrick. 




-Avez-vous déjà rencontré l'accusée? 
-Oui, une fois. 



-Connaissiez-vous Aurore Gagnon? 
-Oui, elle a été une de mes élèves. 




-Combien de temps a-t-elle été à votre école? 
-A peu près un mois. 


-Quand cela? 
-En mai dernier. 


-Elle n'y est pas retourné? 
-Non. 


-Quelle sorte d'enfant était-ce? 
-C'était une enfant très tranquille, très sage et obéissante. 



-Etait-elle intelligente. 
-Oui, très intelligente.


-Avez-vous jamais remarqué quelque chose d'anormal à son sujet? 
-Non, jamais. 

Interrogée par M. Francoeur, Mlle Saint-Onge dit que son école se trouve située dans le septième rang. C'est une école élémentaire. Marie-Jeanne et les autres enfants Gagnon ne sont allés à son école qu'en septembre dernier. 

GEORGES GAGNON


Le témoin suivant est le petit Georges Gagnon, âgé de 9 ans, frère d'Aurore et de Marie-Jeanne. Il est le fils de Télesphore Gagnon, et le beau-fils de l'accusée. Comme il donne une bonne signification de ce que c'est qu'un serment, on l'assermente. 


Interrogé par M. Fitzpatrick. 


-Où demeurais-tu l'hiver dernier? 
-Chez mes parents. 

-Tu es le petit frère d'Aurore Gagnon? 
-Oui. 


-Où couchait-elle Aurore? 
-En haut, dans le grenier. 

-Toute seule? 
-Oui. 

-Et les autres? 
-Nous autres nous couchions dans l'autre côté. 

-Qui ça, vous autres? 
-Moi et Gérard. 

-Et Marie-Jeanne, où couchait-elle? 
-Dans la même chambre d'Aurore, mais pas dans le même lit. 

-Te rappelles-tu quand Aurore est tombée malade? 
-Oui. 

-Qu'est-ce qu'elle avait? 
-C'est parce que maman ne faisait rien que la fesser, la battre et la brûler avec un tisonnier. 

Quelqu'un vous a-t-il demandé de dire cela? 
-Non, personne. 


-As-tu vu ta mère attacher la bouche d'Aurore avec une "strap"? 
-Oui, quand elle lui attachait aussi les pieds à la table. 

-Avec quoi la fessait-elle ?
-Avec un bâton. 

-L'a-t-elle fessée avec autre chose ? 
-Oui, avec une hart qui était en dessous de l'armoire. 


-Etait-ce avec cette hart-ci ? 
-Oui, je la reconnais. 

-Reconnais-tu ce tisonnier ? 
-Oui. 


-As-tu vu ta mère battre Aurore avec ce tisonnier ?
-Oui. 

Combien de fois ? 
-Deux fois. 

-Etais-tu là le matin de la journée qu'Aurore est morte? 
-Je l'ai vue quand elle commençait à déparler. Elle était sur une paillasse avec pas grand paille dedans. Maman lui a donné un coup de pied dans le ventre pour lui faire descendre l'escalier plus vite. J'ai vu maman traîner Aurore par terre. 

-Qu'est-ce que c'est qu'Aurore mangeait ? 
-Elle ne mangeait pas. 

-Buvait-elle ? 
-Elle ne buvait pas. Maman la guettait pour qu'elle ne boive pas. 

-La journée qu'elle est morte, ta mère lui a-t-elle donné quelque chose à boire ? 
-Oui, dans une tasse. 

AURORE BUT DE LA LESSIVE

-Y avait-il du "lessi" (de la lessive) dans la maison ? 
-Oui, maman lui en a fait boire un peu. Papa n'y était pas. Le "lessi" était dans une cuvette pour laver le plancher. Maman lui a dit: "Tu vois comme c'est bon. C'est sucré". 

M. Francoeur, tout en restant assis, pria le petit Georges de continuer son histoire jusqu'au bout. 


-Tu dois savoir autre chose? 
-Oui. Aurore ne mangeait pas "pantoute". Maman mettait des cochonneries dans la place et elle disait que c'était Aurore. 

-Tu as fait serment de dire la vérité? 
-Oui et c'est la vérité que je dis. 


-C'est la vérité que tu viens de dire contre ta mère?
-Oui. 


-Tu es content? 
-Oui. 


-Tu as fait un beau voyage?
-Oui. 

-Tu es content de te trouver à Québec avec toutes tes gens de Ste-Philomène?
-Oui. 

-Tu te trouves bien à Québec? 
-Oui. 


-Tu es bien logé à l'hôtel Blanchard? 
-Oui. 



-Tu es bien nourri? 
-Oui. 

-Ton père et ta mère qui se trouvent à la prison sont-ils bien nourris? 
-Je sais pas. 

-Tu es allé les voir en prison? 
-Oui. 

-Ils sont bien là? 
-Oui. 


-Tu n'es pas venu à l'enquête préliminaire? 
-Non. J'étais au couvent. 

-Tu es bien content d'être venu au procès?
-Oui. 


UN CONTRETEMPS


Après ce témoignage, le juge suspend l'audience, puis il revient quelques temps après en annonçant qu'il est survenu un gros contretemps à ce procès. Le jeune Gérard Gagnon, frère d'Aurore, que la Couronne dit être un de ses principaux témoins, est malade à l'hôpital du Dr Jean Dusseault et son médecin déclare qu'il ne pourra venir rendre témoignage cette semaine devant la Cour. Il est cependant en état de rendre témoignage. A moins que l'on n'ajourne le procès à lundi prochain, ce qui serait malheureux pour le jury et pour tout le monde la Cour pourrait se transporter à l'hôpital pour entendre ce témoignage. Mais il faut pour cela le consentement unanime des avocats des deux parties. 
Après quelque discussion, M. Francoeur déclare qu'il ne peut prendre immédiatement la responsabilité d'accepter une pareille proposition et la question est remise à ce matin. 


A L'HOPITAL JEAN DUSSAULT
(Du correspondant de la PRESSE) 


Québec, 16. -C'est à l'hôpital privé du Dr Jean Dussault, rue Saint-Jean, que se continue ce matin, le procès de la femme Gagnon. C'est en effet là que se trouve le jeune Gérard Gagnon, frère d'Aurore, qui est l'un des principaux témoins de la Couronne, et qui est malade, souffrant de la grippe. A la reprise de l'audience, ce matin, au Palais de Justice, M. Francoeur, avocat de l'accusée, a déclaré qu'il consentait à ce que la Cour se transportât à l'hôpital privé du Dr Dussault pour entendre le témoignage du jeune Gérard Gagnon. C'est ce qui a été fait immédiatement et tous les officiers de la Justice ainsi que les avocats des deux parties, la prisonnières et ses gardiens sont allés en voiture à l'hôpital. Il y avait une trentaine de personnes. 


CE QUE DIT LE JEUNE GERARD


A la porte de l'hôpital Saint-Louis de France, qui est l'hôpital privé du Dr Dussault, il se trouve des curieux qui ont suivi le tribunal jusque-là, mais qui ne peuvent entrer. Gérard Gagnon est interrogé par M. Fitzpatrick. Avant même qu'il commence à parler, sa mère se met à pleurer et Gérard en fait autant. Gérard dit qu'il demeurait chez ses parents lorsqu'Aurore est morte. Aurore couchait sur une paillasse à terre dans le coin de la chambre en haut, Marie-Jeanne couchait dans la même chambre. Des fois, elle n'avait pas de paillasse. Cela est arrivé durant 3 ou 4 semaines, Aurore sortait dehors nu-pieds et lavait la vaisselle. C'est l'accusée qui envoyait Aurore nu-pieds sur la neige. Il a vu l'accusée brûler Aurore avec un tisonnier chauffé et la battre avec des harts et un fouet. C'est lui qui a remis les harts au détective Couture. 


Le matin de la mort d'Aurore, il a vu qu'Aurore est descendue du grenier en se traînant et en se plaignant qu'elle avait du mal, et elle s'assit sur un banc en bas de l'escalier. L'accusée l'a lavé avec une brosse à plancher. Le témoin ne se rappelle pas autre chose de ce matin-là. Aurore ne mangeait pas à table, parce que sa mère ne voulait pas, excepté lorsqu'il y avait de la visite. Le témoin a vu sa mère attacher Aurore à une table, deux fois; c'était pour la brûler. 
-Une fois, dit Gérard, maman m'avait envoyé chercher de la lessive au magasin. Elle en a fait une beurrée et dit à Aurore: "Viens manger du "candy". Comme Aurore ne mangeait pas tout, maman lui a dit: "Si tu ne manges pas tout, je vais te donner la volée". Et Aurore a mangé toute sa beurrée." 
Le témoin a aussi déclaré que si Aurore ne mangeait pas à table, c'est parce que Marie-Jeanne ne voulait pas. Il a vu Marie-Jeanne jeter Aurore en bas de son lit, en lui donnant des coups de bâton, quand elle voulait coucher avec. C'est alors qu'Aurore allait coucher dans son coin. Il a vu Marie-Jeanne brûler Aurore avec le tisonnier, sur l'ordre de sa mère. Gérard dit qu'il n'a rien dit de cela à son père, parce que sa mère ne voulait pas.



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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 21:44


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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 21:49



Aurore Gagnon est une jeune fille qui décède le 12 février 1920 dans des circonstances suspectes. Aurore naît le 31 mai 1909 à Sainte-Philomène de Fortierville, dans le comté de Lotbinière, Québec. Sa mère meurt en 1918 et son père, Télesphore Gagnon, un cultivateur et bûcheron de Fortierville se remarie immédiatement après. Aurore décède deux ans plus tard, à l’âge de dix ans. L’enquête du coroner dévoile qu’elle est morte d’un empoisonnement du sang et d’un épuisement général dû au grand nombre de blessures non soignées dont son corps était couvert.

Mort étrange

La mort d’Aurore Gagnon soulève la consternation des habitants de Sainte-Philomène de Fortierville. Comment une telle chose peut-elle arriver chez eux, dans leur paroisse tranquille, au sein d’une famille respectable? Mais plusieurs personnes de l’entourage semblaient se douter que tout n’allait pas pour le mieux dans la famille Gagnon, dont la voisine Exilda Auger, dont les paroles au moment du décès sont sans équivoque: «Le monde va parler, avec raison».
Alors que «le monde» commence à peine à parler et à juger, c’est l’État qui intervient par le biais de son appareil judiciaire. Des officiers de l’État – un coroner, un policier du service provincial, un spécialiste médico-juridique – se rendent au village afin de procéder à l'autopsie et d'évaluer la situation. La première étape du processus judiciaire suite à une mort mystérieuse est une enquête du coroner. Dans le cas présent, elle est tenue à l’Église paroissiale et écarte la thèse de la mort naturelle. Des accusations de négligence et de mauvais traitements sont donc portées, dans un deuxième temps, contre Télesphore Gagnon et Marie-Anne Houde. Ces derniers sont arrêtés, conduits à Québec et emprisonnés en attendant leur comparution devant la Cour des sessions de la paix afin d'y subir une enquête préliminaire sur une accusation d’homicide. Cette enquête servira à déterminer si les preuves contre les deux accusés sont suffisantes pour justifier des procès criminels devant la Cour du banc du roi.


Les procès







Au mois d’avril 1920, devant la Cour du banc du roi du district judiciaire de Québec, deux procès criminels sont ouverts contre Télesphore Gagnon et sa femme, les auteurs soupçonnés des agressions et de la négligence ayant causé la mort d’Aurore Gagnon deux mois plus tôt. Grâce aux témoignages livrés par des membres de la famille Gagnon, par des voisins de Fortierville et par des experts médico-juridiques, nous pouvons connaître la nature des gestes violents portés contre Aurore par ses proches. Après la lecture de ces témoignages, nous pouvons tenter de répondre à deux de nos questions : qui et pourquoi? Qui est coupable dans l’affaire Gagnon : le père, la belle-mère, la famille élargie, le voisinage de par son inaction? Et pourquoicette famille est-elle devenue «dysfonctionnelle» – pour employer un terme d’actualité – à un point tel que l’un de ses membres est devenu la victime de coups, de brûlures et d’autres agressions scandaleuses, dont la nature et la variété sont dévoilées devant le tribunal en avril 1920?
Les archives qui nous permettent de reconstituer les procès sont de différentes origines. D’une part, ce que l’on peut appeler les archives de première main, sont les documents produits par la cour, les dépositions et les témoignages. Ces documents sont généralement la reproduction intégrale de ce qui s’est dit à l’intérieur des murs du tribunal. Toutefois, dans le cas présent, il semble que le greffier n’ait pas très bien effectué son travail, puisque le juge s’en plaint à la suite du procès. D’autre part, les articles de journaux consacrés à l’affaire Gagnon sont un bon complément aux dépositions. Grâce à eux, nous pouvons connaître l’atmosphère qui règne au tribunal, la foule qui assiste aux procédures ainsi que ses réactions et celles des témoins.
Le procès de Marie-Anne Houde se tient du 13 au 21 avril 1920. Le juge Louis-Philippe Pelletier préside ce terme des «Assises». Marie-Anne Houde, tout comme son mari, doit subir son procès sous une accusation de meurtre. Le procès de son époux, Télesphore Gagnon, se déroule du 23 au 29 avril de la même année et le juge Pelletier est remplacé par le juge Joseph-Alfred Désy.






Les suites








La mémoire collective québécoise retient les mauvais traitements infligés à Aurore Gagnon. Elle retient aussi, jusqu’à un certain point, le procès de Marie-Anne Houde et sa peine de mort. Sont passés aux oubliettes, par contre, non seulement le procès de son mari mais aussi le sort du couple Gagnon dans les mois et les années subséquentes.


Qu’arrive-t-il donc au couple Gagnon après les procès retentissants d’avril 1920? Chose certaine, l’attention journalistique se fait beaucoup plus discrète, surtout au sujet de Télesphore Gagnon. Par contre, la sentence prononcée contre Marie-Anne Houde soulève des sentiments forts … et fort variés.


Télesphore Gagnon se retrouve à la prison St-Vincent-de-Paul à Laval pour purger une peine de prison à perpétuité pour homicide involontaire à l’endroit de sa fille. Il semble qu’il soit un bon prisonnier, puisqu’il est libéré en 1925 pour bonne conduite. Certaines thèses évoquent également qu’il serait atteint d’un cancer de la gorge. Il retourne vivre à Sainte-Philomène de Fortierville, son village natal et lieu du décès d’Aurore Gagnon.


Marie-Anne Houde est emprisonnée tout l’été à la prison de Québec. Le juge a ordonné un long délai entre le moment de sa condamnation et la date de la pendaison, afin qu’elle puisse donner naissance à son enfant et le nourrir pendant les premiers mois de sa vie. Le 8 juillet 1920, Marie-Anne Houde accouche à la prison, pas d’un, mais bien de deux enfants: un garçon et une fille (Roch-Jean et Jeanne d’Arc). Ils sont immédiatement baptisés et ont pour parrain et marraine le gardien de la prison et la matrone.


La naissance de ses jumeaux éveille dans l’opinion publique un sentiment de pitié à l’égard de Marie-Anne Houde, ou du moins envers ses nouveau-nés. C’est l’un des facteurs qui favorise l’émergence, durant l’été 1920, d’une campagne de clémence en sa faveur, organisée par la Canadian Prisoner’s Welfare Association. Cette campagne porte fruit à la toute dernière minute. En effet, le 29 septembre 1920, deux jours avant la date prévue pour sa pendaison à la prison de Québec, le ministre fédéral de la Justice, Monsieur C. J. Doherty, décide de commuer la peine de mort de Marie-Anne Houde en emprisonnement à vie. Elle est alors transférée au pénitencier de Kingston, où elle passera pratiquement le reste de ses jours.


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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 22:14

AURORE
GAGNON
(1909 – 1920)
 
Sa fiche-bio
Les œuvres qu’elle a inspirées
Les vedettes du premier film
Les grands procès
Les vedettes du deuxième film
L’histoire du curé
Crédits et liens
  
Aurore Gagnon, c’est la plus petite en avant !
C’est la seule photo existante de la véritable Aurore
(Source photo : http://www.aurore-gagnon.net/ )    
 

Sa fiche-bio
 
 
1906
Mariage de Télesphore Gagnon et de Marie-Anne Caron.
 
 
1909
31 mai : Naissance d’Aurore Gagnon à Ste-Philomène de Fortierville, dans le comté de Lotbinière.
 
Son père : Télesphore Gagnon.
 
Sa mère : Marie-Anne Caron.
 
Elle a une sœur aînée, Marie-Jeanne.
 
Elle aura deux frères cadets : Georges-Étienne et Joseph.
 
 
1916
Marie-Anne Caron est atteinte de tuberculose. Aurore est placée en pension chez les religieuses.
Marie-Anne Houde offre son aide aux Gagnon pour prendre soin de la malade.
 
 
1917
Le 6 novembre, Joseph Gagnon meurt à l’âge de deux ans et demi.
 
 
1918
Le 23 janvier, Marie-Anne Caron, la mère d’Aurore, meurt à l’asile de Beauport.
 
 
1918
Le 1er février, Télesphore Gagnon se marie en secondes noces avec Marie-Anne Houde.
Aurore revient vivre chez son père.
 
 
 
Les corrections sont courantes à l’époque. Marie-Anne Houde ne se cache pas pour affirmer qu’elle corrige sa fille qu’elle juge vicieuse. Devant les blessures de plus en plus évidentes d’Aurore, les voisins ne savent pas comment réagir.
 
 
1919
Aurore séjourne à l’Hôtel-Dieu de Québec pour tenter de guérir un ulcère à un pied.
 
 
1920
Le 12 février, Aurore Gagnon meurt à 10 ans. Les marques sur le corps incitent les autorités à demander une autopsie. La cause du décès : empoisonnement du sang et épuisement général dû aux nombreuses blessures non soignées.
 
 
1920
Le 14 février, immédiatement après les funérailles d’Aurore, Télesphore et Marie-Anne sont
arrêtés pour meurtre.
 
 
1920
Au terme de leurs procès, Marie-Anne Houde est condamnée à la pendaison et Télesphore Gagnon est condamné à la prison à vie.
 
 
1920
Le 4 mai, Marie-Anne Houde donne naissance à des jumeaux à la prison de Québec.
 
 
1920
Le 29 septembre, la peine de mort de Marie-Anne Houde est changée en peine de prison à vie.
 
 
1921
Une pièce de théâtre raconte les malheurs d’Aurore.
 
 
1925
Télesphore Gagnon est libéré de prison.
 
 
1933
Marie-Anne Houde est opérée pour un cancer du sein.
 
 
1935
Le 29 juin, Marie-Anne Houde est libérée de prison pour des raisons de santé
 
 
1936
Le 12 mai, Marie-Anne Houde meurt à Montréal.
 
 
1938
Le 8 janvier, mariage en troisièmes noces de Télesphore Gagnon et de Marie-Laure Habel.
 
 
1951
Tournage d’un film sur l’histoire d’Aurore, inspiré de la pièce de théâtre. La famille Gagnon tente d’empêcher la sortie du film, mais perd sa cause. Pour éviter tout problème juridique, les noms du film sont fictifs, à l’exception du prénom d’Aurore.
 
 
1961
Le 30 août, Télesphore Gagnon meurt à Ste-Philomène de Fortierville.
 
 
1994
Une dramatique de la série télévisée « Les grands procès » reconstitue le procès de Marie-Anne Houde.
 
 
2005
Sortie du film « Aurore » de Luc Dionne mettant en vedette Marianne Fortier et Hélène Bourgeois-Leclerc.


 

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MessageSujet: Re: Le tragique destin de la petite Aurore Gagnon,(enfant martyyre.. )    Dim 29 Oct - 22:35

Les vedettes du premier film

« La petite Aurore, l’enfant martyre »
Film réalisé par Jean-Yves Bigras en 1952.
 

Yvonne Laflamme (Aurore Andois)
 

Contrairement à la croyance populaire, Yvonne Laflamme n’a pas fait ses débuts dans la vie artistique avec le rôle d’Aurore. C’est en 1950 qu’elle a fait ses débuts sur les planches en jouant le Petit Poucet dans une pièce de Félix Leclerc, « La caverne des splendeurs ». L’année suivante, on lui offre le rôle de sa vie, celui de la petite Aurore. Pour ce film, elle touche un cachet de 300 $ pour onze jours de tournage. Le film est un immense succès. En plus de sa carrière de comédienne, Yvonne Laflamme est aussi danseuse pour les Grands Ballets Canadiens. Elle joue régulièrement au théâtre, dont sa dernière pièce en 1974, « On ne sait jamais », au Théâtre du Rideau Vert. On la voit à l’occasion à la télévision, notamment dans « Le pirate Maboule » où elle tient le rôle de Rosa Petitpas. On la voit aussi dans le téléroman « Grand-papa » dans la peau de Mme Riendeau. Par la suite, elle quitte le milieu artistique pour se consacrer à sa vie familiale.

 



Lucie Mitchell (Marie-Louise Andois, la marâtre)
 

Née en 1911, Lucie Mitchell (né Dumouchel) a fait ses débuts au théâtre en 1931. Elle joua tour à tour pour la Société canadienne d’opérette, pour le Théâtre National, puis pour le Théâtre Arcade. Elle a aussi été de la troupe de Jean-Paul Kingsley pour qui elle joua la Vierge dans « La Passion ». C’est alors que se présenta l’opportunité d’incarner la belle-mère d’Aurore. C’était son premier rôle au cinéma…. Et quel rôle ! Le film connut un tel succès que désormais, tout le monde reconnaissait Lucie Mitchell sur la rue. Mais pour le public, elle n’était pas Lucie Mitchell, comédienne. Elle était la détestable qui martyrisa Aurore. Identifiée à son personnage, Lucie Mitchell ne pourra plus jamais jouer de rôle important. Néanmoins, elle participa à plusieurs films québécois : « Les brûlés » et « Les mains nettes » en 1958, « Trouble-fête » en 1964, « La corde au cou » en 1965, « La vraie nature de Bernadette » en 1972, « Parlez-nous d’amour » en 1976, « Ça peut pas être l’hiver, on n’a même pas eu d’été » en 1980 et « La quarantaine » en1982. À la télé, on l’a vue dans « Joie de vivre », « Cap-aux-Sorciers » et « Grand- papa ». Elle est décédée en février 1988, emportée par un cancer à 76 ans.

 

 



Paul Desmarteaux (Théodore Andois)
 

Né en 1906, Paul Desmarteaux fut l’une des vedettes incontestées de l’époque du

burlesque. Pendant des années, il a joué avec les plus grands de cette époque, Jean Grimaldi, Manda Parent, Rose Ouellette (La Poune), ainsi qu’Olivier Guimond, père et fils, et plus tard, Claude Blanchard et Léo Rivest. Il fut d’ailleurs l’un des partenaires privilégiés d’Olivier Guimond, fils. Aussi talentueux dans le drame que dans la comédie, il fit aussi partie de la troupe de Fred Barry et Alfred Duquesne au Théâtre Stella. Il joua très peu au cinéma. Son rôle de Théodore, le père d’Aurore, est l’une de ses rares présences. Il y donne quand même une performance digne de mention. Par la suite, on l’a vu dans quelques rôles à la télévision, dont « À la branche d’Olivier » avec son ami Olivier Guimond. Son personnage le plus célèbre demeure celui du curé Labelle dans le téléroman de Claude-Henri Grignon, « Les belles histoires des pays d’en haut ». Il a tenu ce rôle durant toute la durée de la série, soit de 1956 à 1970. Il meurt le 19 janvier 1974 à l’âge de 67 ans.

 



Janette Bertrand (Catherine)
 

Janette Bertrand est l’une des personnalités les plus connues et les plus admirées au Québec. Ce que les gens savent moins, c’est qu’au tout début de sa carrière, elle joua le rôle de Catherine, une voisine, dans le film « La petite Aurore, l’enfant martyre ». Ayant vu le jour en 1925, Janette Bertrand a tout fait dans sa vie. Elle signa d’abord des chroniques dans certains journaux. Plus tard, cette expérience lui servira à écrire ses textes pour la télévision. On lui doit notamment « Toi et moi », « Quelle famille », « Grand-papa » et « Avec un grand A » en plus de quelques pièces de théâtre. En plus du rôle de Catherine au cinéma, Janette Bertrand a joué à la télé dans « Toi et moi » et « Quelle famille » aux côtés de son mari Jean Lajeunesse. Janette anima aussi plusieurs séries télévisées, dont « Janette veut savoir » et « Parler pour parler ». Jean et Janette sont les parents de trois enfants qui ont eux aussi travaillé dans le domaine artistique, Dominique, Isabelle et Martin.

 



Jean Lajeunesse (Abraham)
 

La carrière de Jean Lajeunesse a toujours été liée de près à celle de son épouse Janette Bertrand. Dans « La petite Aurore, l’enfant martyre », il incarne Abraham, le fiancé deCatherine (rôle de Janette Bertrand). Ensemble, ils ont aussi formé un couple dans les séries télévisées « Toi et moi » et « Quelle famille ». C’est lui aussi qui a tenu le rôle titre du téléroman « Grand-papa » écrit par Janette et pour lequel il reçoit un prix d’interprétation.Né en 1921, il a aussi laissé sa marque au théâtre, entre autres dans « Le diable à quatre » et « Un simple soldat ». En plus d’être le porte-parole de La Prudentielle, compagnie d’assurances (rappelez-vous le slogan « Celle qui a la force de Gibraltar »), il a tenu quelques rôles au cinéma dans « Réjeanne Padovani », « Le frère André » et « La grenouille et la baleine ». A 70 ans, le 26 septembre 1991, il termine sa route, emporté par un cancer, laissant pour le pleurer ses trois enfants vedettes, Dominique, Isabelle et Martin Lajeunesse.

 

 

 

 

Nana de Varennes (Tante Melvina)
 

Née en 1885, Nana De Varennes a été la douce tante Melvina de la petite Aurore. Elle a d’ailleurs participé à d’autres films de cette époque, dont « Les lumières de ma ville ». C’est toutefois à la télé que le grand public a appris à la connaître grâce à ses principaux rôles : Démérise, la femme du père Gédéon dans « La famille Plouffe », la cousine du Pot-au-Beurre dans « Le survenant » et mémère dans « Quelle famille ». Elle est décédée très âgée, en 1981.

 



J. Léo Gagnon (Le médecin)
 

J. Léo Gagnon est né à Tétreauville en 1907. Il a été l’une des plus grandes vedettes de l’époque des radioromans. Ses rôles les plus connus demeurent celui du père Chardonnel dans « Je vous ai tant aimé » et le boulanger dans « Un homme et son péché ». C’est d’ailleurs avec ce rôle de boulanger qu’il fait ses premiers pas au cinéma à la fin des années 40 dans « Un homme et son péché » et « Séraphin ». Outre son rôle de médecin qui enquête sur la mort de la petite Aurore, il tiendra plusieurs rôles au cinéma dans « L’eau chaude, l’eau frette », « La maudite galette », « La mort d’un bûcheron », « Réjeanne Padovani » et « La piastre ». Il livre sa meilleure performance dans « Les dernières fiançailles » de Jean-Pierre Lefebvre, qui est même présenté au Festival de Cannes. En plus de 50 ans de carrière, il a joué dans plusieurs séries télévisées, dont « Race de monde » et « Monsieur leministre ». Il succombe à une crise cardiaque le 31 janvier 1983 à l’âge de 75 ans.

 

 

(Source photos : La Cinémathèque Québécoise, archives)

 

 

« L’affaire de la petite Aurore »

Dans la série « Les grands procès »

Scénarisé par François Boulay et Dominic Champagne et réalisé par Mark Blandford, cette dramatique de la série « Les grands procès » fut diffusée à TVA le 25 octobre 1994. En voici les principaux acteurs :

 

 



Léa-Marie Cantin  (Marie-Anne Gagnon)
 

En 1994, c’est à Léa-Marie Cantin qu’on a confié le rôle de la marâtre Marie-Louise Gagnon qui doit subir son procès relativement à la mort d’Aurore. Bien que peu connue du grand public, Léa-Marie Cantin n’en est pas à son premier rôle. Ça fait déjà une bonne dizaine d’années qu’elle œuvre au théâtre et au cinéma lorsqu’on lui offre l’opportunité de tenir le rôle de l’une des méchantes les plus célèbres du Québec. Ses rôles les plus marquants au cinéma, elle les a tenus dans les films « Blanche est la nuit », « Love moi » et « Les amoureuses ». Elle était aussi la vedette, avec Denis Bouchard, du documentaire « Le marché du couple » par lequel on décortiquait les habitudes des couples québécois, au début des années 90. À la télévision, elle n’a toujours tenu que des petits rôles, dont le plus mémorable demeure celui de la fille de « Marilyn » dans le téléroman de Lise Payette. Fait étonnant, dans « Les grands procès », Marie-Anne Gagnon assiste passive à son procès. C’est donc un rôle muet, mais le jeu de la comédienne passe par l’expression de son visage et de ses yeux cachés sous un large voile noire.

 



Daniel Gadouas (Oreus Mailhot)
 

Fils de la comédienne Marjolaine Hébert et du comédien Robert Gadouas, Daniel Gadouas est un véritable enfant de la balle. Il est encore tout jeune lorsqu’il devient une vedette de la télé alors qu’il joue dans le téléroman « Rue de l’Anse » aux côtés de Gilles Pelletier et Gisèle Schmidt. Depuis, sa popularité à la télévision ne s’est jamais tarie. On l’a vu dans de nombreuses séries dont « Du tac au tac », « Marilyn », « L’héritage », « Le masque », « Watatatow » et plus récemment « La promesse ». C’est toutefois pour son rôle de Lionel St-Cyr dans « Le temps d’une paix » qu’il demeure le plus connu. Au cinéma, il joue entre autres dans « Portion d’éternité », « Sous-sol » et « Gaz Bar Blues ». Pour son rôle dans « Les grands procès », il se mérite une nomination aux Prix Gémeaux de 1995. Oreus Mailhot était le marchand général de Fortierville et le juge de paix du village au moment des tristes événements. Ses fonctions font donc de lui un témoin clé dans le procès de Marie-Anne Gagnon.

 



Denis Bernard (Me J. Napoléon Francoeur)
 

C’est à Maître Joseph-Napoléon Francoeur que Marie-Anne Gagnon a confié sa

défense. Devant les atrocités qu’on lui reproche, Me Francoeur tentera de la présenter comme inapte à subir son procès. L’interprète de Me Francoeur, Denis Bernard, est originaire de Lac-Etchemin. Il fait ses premières armes à la télévision dans le téléroman « Robert et compagnie ». Vedette incontestée du petit écran, sa feuille de route comprend de nombreuses séries télévisées, dont « La misère des riches », « Le parc des braves », « Marilyn », « Jasmine », « Virginie », Mon meilleur ennemi », « Diva », « Les aventures tumultueuses de Jack Carter », « L’auberge du chien noir » et plusieurs autres. En plus d’être un acteur de théâtre accompli, il tourne dans plusieurs films dont « L’audition » qui lui apporte le Génie du meilleur acteur de soutien en 2006.

 



Yvan Ponton (Me Arthur Fitzpatrick)
 

Bien connu pour son rôle de Jacques Mercier, l’entraîneur du National dans la série « Lance et compte », Yvan Ponton a prouvé qu’il était capable de jouer bien d’autre chose que les hommes sportifs bourrus, capable de mener de main de maître la plus indisciplinée des équipes de hockey. La preuve : son interprétation du Procureur de la Couronne dans « Les grands procès » a été louangée. C’est lui qui a la responsabilité d’accuser Marie-Anne Gagnon. Pour les amateurs d’improvisation, Yvan Ponton demeure l’arbitre de la LNI (Ligue Nationale d’Improvisation). Il est aussi en vedette dans la série de films des « Boys »où l’univers du hockey est encore bien présent. Sportif dans l’âme, il n’y a pas que le hockey qui occupe une place importante dans la carrière d’Yvan Ponton. Il a aussi décrit des matches de tennis pour le compte de RDS, le réseau des sports. L’une de ses plus récentes présences à la télévision remonte aux débuts des années 2000 alors qu’il anime le jeu de connaissances et de stratégie « Ultimatum » sur les ondes du réseau TVA.

 



Roger Blay  (Le juge Louis-Philippe Pelletier)
 

Diplômé de l’École Nationale de Théâtre en 1964, Roger Blay a appris son métier de comédien en même temps que Louisette Dussault et Louise Forestier qui ont gradué la même année que lui. Il laisse sa marque surtout au théâtre où il se fait notamment valoir dans la pièce « Les oranges sont vertes » de Claude Gauvreau. Ce n’est qu’à la fin des années 70 qu’il fait ses débuts à la télévision dans la série « Duplessis » où il tient le rôle du premier ministre du Québec, Adélard Godbout. À la même époque, on peut le voir dans « Race de monde » et beaucoup plus tard dans « L’héritage » et « Jamais deux sans toi ». Il a aussi fait très peu de cinéma, mais son rôle dans « La quarantaine » d’Anne-Claire Poirier reste dans nos mémoires. On dit que le juge Pelletier, qu’il incarne dans « Les grands procès », était épuisé au terme du procès de Marie-Anne Gagnon. Le juge Pelletier mourut un an plus tard. Mais une dizaine d’années après « Les grands procès », Roger Blay est toujours vivant, mais un peu moins présent à la télévision.

 



René Gagnon  (Dr Albert Prévost)
 

Les psychiatres ont joué un rôle important dans le procès de Marie-Anne Gagnon puisque la santé mentale de l’accusée a longtemps été débattue. La défense avait retenu les services du Dr Albert Prévost, incarné par René Gagnon dans la dramatique. Vétéran de la scène, René Gagnon a de nombreuses pièces de théâtre à son actif, bien qu’il soit une figure bien connue de la télévision. « Robin et Stella », « La misère des riches », « Marilyn », « Un signe de feu » et « Chambres en ville » font partie de ses séries importantes. Toutefois, c’est en tant que François Dumoulin dans « Scoop » et Mathieu Bordeleau dans « Les machos » qu’il a laissé sa marque. C’est aussi lui qui a incarné Alphonse Desjardins dans la télésérie racontant la vie du fondateur des caisses populaires.

 



Hubert Loiselle (Dr D.M. Brochu)
 

La Couronne aussi a présenté son expert pour évaluer l’état mental de l’accusée. Le Dr D.M. Brochu, dans « Les grands procès », était personnifié par Hubert Loiselle. Autant le procès de la marâtre Gagnon demeure l’une des affaires les plus célèbres du Québec, autant Hubert Loiselle a laissé une marque inoubliable dans l’histoire de la télévision d’ici. En effet, sa performance de Georges dans le téléthéâtre « Des souris et des hommes » demeure un véritable petit bijou, surtout lorsqu’il est secondé par des artistes d’aussi grand talent que Jacques Godin, Luce Guilbeault et Jean Duceppe. En plus d’être en vedette dans la série télévisée « Ti-Jean Caribou », Hubert Loiselle fut un aumônier moderne dans le téléroman « Rue des pignons ». Les dernières années de sa vie furent très difficiles, mais il trouva quand même le courage de tourner une dernière fois dans le film « Saints-Martyrs-des-Damnés » avant de s’éteindre à 72 ans, le 16 novembre 2004.

 



Yvon Thiboutot (Dr Albert Marois)
 

Dans la série « Les grands procès », Yvon Thiboutot a tenu le rôle du Dr Albert

Marois, qui était à l’époque médecin légiste à Québec. C’est le Dr Marois qui a

pratiqué l’autopsie sur le corps d’Aurore Gagnon et qui a fait part de ses observations à la cour lors du célèbre procès. Yvon Thiboutot était loin d’en être à ses premières armes à la télévision. Toute une génération d’enfant se souvient de son rôle du Général Tortillas, un révolutionnaire, dans « Marie Quat’ Poches ». Les plus grands l’ont vu dans la peau de Valentin dans le téléroman « Les Berger ». Il a aussi fait partie de la distribution de « Maigrichon et Gras-Double », « Les forges de St-Maurice », « Marilyn », « 4 et demi » et « Entre chien et loup » où il personnifiait le faible Lazare Carignan. Dans la soixantaine avancée, c’est le cancer qui a eu raison du comédien le 28 février 2004.

 

(Source photos : Revue Les grands procès du Québec)

 

Les vedettes du deuxième film

« Aurore »

« Aurore » est un film de Luc Dionne sorti en 2005.

 



Marianne Fortier  (Aurore)
 

Ça représentait tout un défi, en 2005, de trouver une jeune comédienne pour incarner Aurore. Un défi, car le rôle était archi connu, faisant quasiment partie du folklore québécois. Marianne Fortier a réussi à incarner l’enfant martyre avec brio. À 11 ans, pour un premier rôle, c’en était tout un ! Pour incarner ce mythique personnage qui a vécu au début du vingtième siècle, dans une campagne du Québec, Marianne a dû passer par tout un processus de sélection et d’audition. Des centaines de jeunes filles, comme elle, ont aussi tenté leur chance en espérant connaître la vie d’artiste. La sortie du film, à l’été 2005, a propulsé Marianne Fortier au rang de vedette. Une fois la poussière retombée, elle est retournée à son quotidien habituel. Elle est encore jeune et si une carrière de comédienne se dessinait pour elle, nous le saurons à ce moment.

 



Hélène Bourgeois-Leclerc  (Marie-Anne Houde)
 

Si la méchante marâtre du passé nous faisait grincer des dents, dans la nouvelle

version, elle prend les traits d’une femme sexy pour qui la séduction occupe une place importante. Sous les traits de la comédienne Hélène Bourgeois-Leclerc, elle n’en ne demeure pas moins l’auteure des atrocités envers sa belle-fille. L’actrice n’aurait pu trouver un meilleur rôle pour faire ses débuts au cinéma. Toutefois, elle était déjà une figure bien connue des québécois, entre autres pour ses rôles à la télé dans « Annie et ses hommes », « Tribu.com » et « 450, chemin du Golf ». Mais Hélène Bourgeois-Leclerc, c’est surtout la Dolorès Bougon de la comédie « Les Bougon, c’est aussi ça la vie ». Dans sa vie personnelle, elle a partagé sa vie avec le comédien Sylvain Marcel et le chanteur Richard Petit. Récipiendaire d’un prix Gémeaux, une brillante carrière s’ouvre à elle.

 



Serge Postigo  (Télesphore Gagnon)
 

La réputation de Serge Postigo n’est plus à faire. Spécialiste des rôles de bons gars, sa performance dans « Aurore » lui accorde le statut de superstar de cinéma, prouvant ainsi qu’il peut jouer les anti-héros. Né en France en 1968, il est arrivé très jeune au Québec. Au début des années 90, il étudie en théâtre au Cégep de St-Hyacinthe. Il fait ses débuts professionnels à la télévision dans le rôle de Joël, un jeune homosexuel dans le téléroman jeunesse « Watatatow ». Peu de temps après, il est François Dion, le macho par excellence du téléroman « 4 et demi », prouvant ainsi qu’il peut jouer sur tous les registres. Les rôles à la télé se succèdent : « Music-hall », « Rue l’Espérance » et surtout « Urgence » où il fait la connaissance de son ex-amoureuse, la comédienne Marina Orsini. Formant l’un des plus beaux couples de notre colonie artistique, Serge et Marina deviennent parents du petit Thomas en 2002 avant de se séparer en 2007. Serge Postigo se démarque aussi au théâtre, notamment dans « Le mystère d’Irma Vep »,  Grease » et « Ladie’s night ». On devra attendre en 2004 avant de le voir au cinéma. Il y fait son entrée par la grande porte en interprétant le comique Olivier Guimond dans « Ma vie en cinémascope ». Après l’expérience de « Aurore », on l’a vu dans « Idole instantanée », « La rage de l’ange » et « Duo ».

 



Stéphanie Lapointe  (Marie-Anne Caron)
 

La mère biologique d’Aurore était bien jeune lorsqu’elle est morte en 1918. Pour l’incarner, il fallait aussi faire appel à une jeune femme. On a choisi Stéphanie Lapointe qui venait tout juste de sortir gagnante de la deuxième saison de « Star Académie », version québécoise, au printemps 2004. Sa chanson « L’infidèle » faisait alors bonne figure au palmarès radiophonique. Bien que la chanson lui ait servi de tremplin, c’est curieusement à ses talents de comédienne qu’on fait appel pour se débuts dans le milieu professionnel. À l’hiver 2005, elle joue dans la série télévisée « Le négociateur ». Puis, quelques mois plus tard, elle joue dans « Aurore ». Au mois d’août, elle lance son premier album, « Sur le fil », faisant de son année 2005 une année charnière.

 



Yves Jacques  (Le curé Leduc)
 

Le curé occupait une place importante dans les campagnes de l’époque, autant que le curé Leduc dans le film « Aurore ». Incarné par Yves Jacques, le destin tragique de ce prêtre vous est raconté plus en détails dans l’article « L’histoire du curé » plus loin sur cette page. Tout en étant homme de Dieu, il n’était pas insensible au charme de Marie-Anne Houde et aurait pu lui donner le bon dieu sans confession. Né en 1956, Yves Jacques est un pilier de notre télévision et de notre cinéma. Ayant début au tout début des années 80, on l’a d’abord remarqué à la télé dans « Boogie woogie 47 », mais c’est son rôle de Pierrot dans « Poivre et sel » qui lui permet de sortir de l’anonymat. En plus d’avoir joué dans plusieurs « Bye-bye », c’est surtout le cinéma qui lui apporta sa renommée : « Le déclin de l’empire américain », « Jésus de Montréal », « Louis 19, le roi des ondes », « La vie après l’amour », « Nuit de noces », « Les invasions barbares », et j’en passe…Il travaille aussi beaucoup en France où il est une vedette fort connue. Au théâtre, on se souvient surtout de sa performance dans « Les jumeaux vénitiens » et « La face cachée de la lune ».

 



Rémy Girard  (Oreus Mailhot)
 

C’est à Rémy Girard, monsieur cinéma lui-même, qu’est revenu l’honneur

d’interpréter Oreus Mailhot, le marchand général qui était aussi juge de paix. Rémy Girardcompte plusieurs années de cinéma et de télévision derrière lui. Au petit écran, soulignons notamment sa participation à « Manon », « La petite vie », « Urgence », « Scoop » et « Cher Olivier », en plus d’avoir incarné Paul Bougon dans « Les Bougon, c’est aussi ça la vie »qui lui a permis de récolter un Gémeaux et un Métrostar. Au cinéma, la liste de ses rôles est encore plus longue : « Les portes tournantes », « Dans le ventre du dragon », « Jésus de Montréal », « Les Boys », « La Florida » et « Séraphin : Un homme et son péché ». Son rôle de Rémy dans « Le déclin de l’empire américain », qu’il reprend dans « Les invasions barbares », lui permet d’acquérir une renommée internationale.

 



Sarah-Jeanne Labrosse  (Marie-Jeanne Gagnon) 
 

Sœur aînée et fidèle complice d’Aurore, Marie-Jeanne Gagnon occupe une place plus importante dans l’œuvre de Luc Dionne que dans toutes les autres œuvres créées auparavant, se rapprochant ainsi un peu plus de la vérité. Sarah-Jeanne Labrosse incarne avec brio cette compagne dans les bons et moins bons moments. Née en 1991, Sarah-Jeanne Labrosse est la fille d’un agent de course automobile. Sarah-Jeanne est très jeune lorsqu’elle fait ses débuts à la télévision dans le téléroman « Le volcan tranquille ». On a pu la voir aussi dans la série pour adolescents « 15/Love ». Elle a donc déjà un peu d’expérience des plateaux de tournage lorsqu’elle tourne « Aurore ».  Après la sortie du film qui a fait couler beaucoup d’encre, on a pu la voir dans un autre immense succès de notre cinéma, « Bon cop, bad cop ».

L’histoire du curé !

 
 
Bien des spectateurs du film « Aurore » de Luc Dionne (2005) ont été surpris de la fin tragique de l’histoire. Le curé Leduc, joué par Yves Jacques, est tué par une charge de dynamite qui explose alors qu’il travaille à enlever des pierres sur un terrain de la paroisse. Les scènes précédentes nous montraient un prêtre aux prises avec les remords d’une mort d’enfant qui aurait pu être évitée. Accident ? Suicide ? À vous de vous faire votre cinéma… Ce que l’on peut affirmer par contre, c’est que cet élément de l’histoire est basé sur des faits véridiques. En 1923, le curé Massé, pasteur de la paroisse de Ste-Philomène de Fortierville, souffrait d’insomnie lorsqu’il décide d’aller faire du travail manuel sur les terres de la Fabrique. Alors qu’il cherche à casser de grosses pierres, une charge d’explosifs le tue instantanément. Au cours de la vie d’Aurore, trois curés se sont succédé à Fortierville : le curé Grondin, le curé Blanchet et le curé Massé. Dans son film, Luc Dionne a choisi de n’avoir qu’un seul curé, le contexte avec la réalité n’est donc pas le même. La lourdeur d’âme du fictif curé Leduc n’est donc probablement pas la même que celle des curés réels. Par contre, le curé Massé était en place lors des pires martyres et lors du décès d’Aurore. Quoiqu’il en soit, bien que le film « Aurore » soit inspiré d’événements véridiques, il y a quand même place pour un peu de fiction à travers tout ça…
 

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Zabou La Gragnotte
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